Suite à nos déclarations lors de chacun des CSE Atos et Eviden de ce mois de janvier, nous souhaitons apporter ici des précisions.
En 2025, une n-ième-nouvelle-nouvelle direction prend la gouvernance du groupe Atos et nous affiche sa feuille de route. Aucun blanc-seing ne doit être donné, toute déclaration, sincère ou non, étant par définition contrainte par ladite réalité capitalistique financière qui nous est imposée. Entendons par-là restructuration de la dette, injonctions des créanciers « vautours » actionnaires.
Blue is the new Orange is the new Blue
150 millions à rembourser par an, mais tout ira bien !
La marge en 2029 sera comme en 2019, nous par contre, on ne sait toujours pas où l’on sera dans 3 mois. 1,4 milliards de 2022 à 2024 ont déjà été dépensés pour s’arrêter au milieu du gué sur la création-séparation Atos-Eviden (doit-on encore jouer les Cassandre à dire que cette solution n’était ni viable, ni stratégique). Rassurez-vous on y ajoutera 1,1 milliards d’ici 2029 pour se restructurer. Et la cerise sur le gâteau, c’est la restitution des experts comptables (en partie empêchés par la direction d’aller au fond des choses) missionnés par vos élus au CSE, soulignant unanimement l’aspect utopique du plan 2025-2029 ! [voir article en ouverture]
Créanciers : « Plus pour nous, moins de vous »
A cette heure la CGT attend toujours la position claire de nos nouvelles directions monde et France sur les déclarations de fin d’année 2024 du comité européen. Des tableaux y ont été présentés sur les réductions d’effectifs au niveau européen. « Investir dans la réduction de l’effectif » telle nous est affichée cette insultante ambition. 2248 personnes en moins dans le monde, dont 1579 personnes en Europe, dont 382 en France. Rien que cela et rien que pour Eviden.
Faisons un décompte rapide : nous sommes passés de 5538 employés Eviden en France en décembre 2023 à 4423 en décembre 2024 (comptant la sortie de Worldgrid et consort), ce qui représente une baisse de 20%. Les 382 mentionnés nous amènerait à moins 27%. MCS et « BDS » sortant en 2025 et non décomptés encore dans cette baisse amènerait, sur un périmètre Eviden toujours, à une baisse de près de 35% de l’effectif.
Ces réductions s’accompagnent de pertes d’acquis, de dégradations de conditions de travail et de sécurité d’emploi pour toutes celles et ceux qui partent et arrivent dans un contexte où on va les « challenger ». Et un maintien de pression sur celles et ceux qui sont restés et à qui l’on dit « faites encore des efforts » (exemple la mutuelle avec le référendum déloyal de 2024).
Une attrition naturelle orientée
Une « attrition naturelle » de 305 salariés en 2025 en France. Prenons le temps d’analyser cela. La loi nous dit (et nous protège encore un peu) que le 10ième licenciement sur 1 mois glissant pour une entreprise de notre taille doit automatiquement déclencher un PSE (plan social et économique). Pour atteindre la réduction de 305 salariés sur 1 an, il y aurait mécaniquement au moins 1 mois avec plus de 9 licenciements. Solution de la direction ? Ruptures conventionnelles et licenciements pour des motifs qui passent sous les radars, par exemple l’insuffisance professionnelle, en s’orientant vers des salariés en inter-contrat. En parallèle de cela, des plans de « restructuring » circulent, de manière nominative. Mieux ! Le plan du comité Européen liste les « métiers ou expertises » sur lesquels la direction souhaite voir cette attrition s’appliquer, ce qui n’a donc plus rien de naturel. C’est un PSE déguisé. C’est une action sur la masse salariale, sale et insultante, en contradiction complète avec les soi-disant glorifications de notre résilience. La réduction est ciblée, organisée, choisie (comme la « bonne immigration » sic) et les délations ont déjà commencé au niveau du middle-management.
Une alternative ? Soutenir notre plan CGT de sauvegarde, soutenir notre valeur et dénoncer ensemble, à tous les étages, la logique de la direction. Sur le principe, la CGT dénoncera toujours les logiques économiques des PSE, mais dans notre situation, nous demandons à la direction d’être enfin loyale, honnête et claire.






