Atos réorganise l’activité Défense et crée un imbroglio juridico-financier

En décembre 2025, Atos avait le projet de regrouper dans sa société Avantix, l’ensemble des activités du secteur Défense. La motivation était de répondre aux exigences de la Direction Générale de l’Armement  et aussi de modifier le contrat de travail des salariés Bull SAS qui ne font pas partie du périmètre des supercalculateurs vendu à l’Etat. Dans la foulée, d’autres salariés sous contrats de travail Trusway, Eviden, devaient aussi passer sous Avantix.

Pour ces derniers, quelque 300 salariés, la date prévue de bascule était le 1 janvier 2026.
Puis décalée au 1er février. Puis… plus rien… Les salariés concernés sont inquiets de leur devenir. La réponse de la direction  fut un numéro ahurissant de  vacuité :
« On doit répondre à un audit », « La finance et les créanciers n’ont pas donné leur accord », « L’opération pourrait ne pas se faire », « On verra alors une autre solution » …
Bousculé, dans un ultime sursaut pour le dernier mot, le directeur des affaires sociales déclare : « La direction est honnête et objective ! ». Vraiment, il aurait mieux fallu demander conseil au département Communication, dommage que ces postes soient en suppression                    avec le plan de licenciement en cours…

Des objectifs et moyens opaques pour la Cybersécurité Atos

Dans la série la direction-modifie-tout-tout-de-suite, votre CSE est consulté sur la réorganisation de l’entité Cybersécurité Services.

Le CSE de l’UES Eviden relève que ce projet d’évolution :

  • Ne comporte pas d’informations suffisantes sur les aspects économiques, sociaux ou salariaux des projets, ni sur la croissance ou décroissance attendue. Les éléments ne permettent pas d’évaluer les impacts sur les résultats ou les objectifs stratégiques pour 2026 et 2027.
  • Ne détaille pas les conséquences sur les organisations du travail, les conditions de travail ni les impacts sociaux sur les emplois.
  • La démission du porteur de ce projet interroge sur une réelle mise en œuvre de l’opération.
  • Compte tenu de ces lacunes, le CSE considère que le projet de réorganisation de la BL Cyber Services ne fournit pas un niveau d’information suffisant pour apprécier ses impacts et, en l’état, ne garantit pas la stabilité et la qualité des conditions de travail des salariés concernés.

Résultat : vote à l’unanimité des représentants du personnel contre cette nième réorganisation !

Il est étonnant de constater que pour la très grande majorité de ses actions, la nouvelle direction précipite les mouvements sans fondement et sans visibilité. Pour la gouvernance dans sa nage de survie, comme les requins, il y a obligation de bouger en permanence sous peine de
disparaitre, et ce faisant, d’éliminer les salariés en masse au passage …