Qui aurait pu imaginer qu’au début de l’année 2026, les équilibres géostratégiques mondiaux et l’architecture juridique internationale issue des grandes défaites du fascisme et des guerres mondiales soient à ce point fragilisés ? Les remises en cause ouvertes du multilatéralisme, le recul du droit international, l’affaiblissement des cadres de coopération entre États et la montée des logiques de blocs traduisent une crise profonde du système capitaliste mondialisé.
Cette situation constitue une aubaine pour les forces conservatrices et réactionnaires, qui tentent de recycler des idéologies autoritaires, nationalistes et xénophobes. Partout, les logiques impérialistes s’expriment à nouveau sans masque : mépris des peuples, brutalité économique, humiliations diplomatiques, retour des rapports de force armés et des logiques néocoloniales. Les institutions censées protéger les peuples sont contournées ou instrumentalisées, au service des intérêts du capital et des grandes puissances.
Face à ces bouleversements, une constante demeure : les crises internationales, quelles que soient leurs formes ou leurs prétextes, ne doivent jamais servir à remettre en cause les droits sociaux, les libertés syndicales, ni les conquêtes du monde du travail. C’est un point de vigilance et de combat central pour la CGT.
Sur le plan national, le spectacle politique offert depuis 2024 alimente le discrédit démocratique, la confusion idéologique et la banalisation de l’extrême droite. Les alliances opportunistes, les renoncements successifs et l’absence de réponses aux urgences sociales nourrissent la défiance populaire. Dans ce contexte, le mouvement syndical, et en particulier la CGT, est attaqué, caricaturé, judiciarisé. Les luttes sociales sont délégitimées, les militants poursuivis, et le modèle social issu des grandes conquêtes de l’après-guerre est présenté comme dépassé, voire irresponsable.
Parallèlement, un discours de guerre s’installe. On cherche à banaliser l’idée d’un affrontement armé inévitable, à préparer les esprits à des conflits dits de « haute intensité », à militariser les budgets publics et à conditionner la population à l’économie de guerre. Cette fuite en avant belliciste sert avant tout les intérêts de l’industrie de l’armement et du capital financier. Elle ne répond ni aux besoins des peuples, ni aux aspirations du monde du travail.
La CGT le réaffirme avec force : le monde du travail ne doit pas être la variable d’ajustement des stratégies impérialistes. Les travailleuses et les travailleurs n’ont pas à payer, par la régression sociale, la précarité, l’austérité ou le sacrifice de leurs droits, les choix économiques et géopolitiques des puissants. Le pacifisme n’est ni naïf ni dépassé : il est une exigence politique, sociale et humaine.





