Rappelons pour mémoire le principe de solidarité des dispositifs de protection sociale : chacun cotise à hauteur de ses moyens et reçoit   à hauteur de ses besoins. Les aléas de la vie font que parfois on donne plus que l’on ne reçoit, et parfois, quand cela devient nécessaire, on reçoit plus que l’on n’a donné, grâce à la solidarité du collectif.

Ce principe fondateur, la direction d’Atos l’a attaqué à l’occasion de la renégociation de nos régimes de santé et de prévoyance, en tentant de discriminer entre les bénéficiaires. Alors que les précédents négociateurs avaient recherché la solidarité entre les familles des salariés, la direction entend aujourd’hui faire la distinction entre les salariés et leurs conjoints. Et demain, pourquoi s’arrêter en si mauvais chemin, entre les salariés et leurs enfants ?

Les organisations syndicales, majoritairement, ont refusé de suivre la direction dans cette voie. Elle a donc pris d’autorité des dispositions unilatérales très discriminatoires : ainsi, elle entend désormais faire porter aux seuls conjoints un surcroît de financement considérable en augmentant leurs cotisations de 76% !

Consultés sur ces dispositions, vos représentants ont rendu à l’unanimité des avis négatifs, d’autant plus justifiés que le financement du régime de santé est quasiment à l’équilibre et que son ajustement pourrait se faire par des mesures plus justes, moins brutales, et exemptes de tout caractère discriminatoire. L’expertise réalisée à la demande de vos représentants au Conseil Social et Economique (CSE)  montre en outre que les choix de la direction sont contre-productifs et risquent, au contraire, de dégrader l’équilibre financier du dispositif. Il n’est pas trop tard pour corriger la copie, mais la direction s’obstine et ne veut rien entendre. Voudrait-elle saborder le régime qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. La solidarité c’est dépassé, disait un ancien directeur des affaires sociales…

Notez par ailleurs que le CSE se voit contraint d’appliquer à ses propres employés les mêmes mesures que celles que la direction prévoit pour les salariés d’Atos. Il a fait cependant le choix de voter une indemnité compensatrice pour celles et ceux de ses employés qui verraient leur revenu net amputé du fait de l’accroissement insensé des cotisations conjoint. L’exemple est donné, la direction ne pourrait-elle pas s’en inspirer ?