Le mal, apparu insidieusement, ne date pas d’hier. Mais la frénésie de restructurations qui frappe les entreprises a pris ces dernières années des dimensions pathologiques. Au point d’en arriver à entreprendre de nouvelles transformations avant même d’en avoir fini avec les précédentes. Le remède aux choix inconséquents de la « gouvernance » groupe, aux erreurs de gestion, à l’absence de stratégie et d’innovation serait-il de s’agiter en tous sens jusqu’à l’épuisement (des salariés) ?
Délire ou volonté délibérée ? Il suffit de regarder à qui profite le crime. Les « cabinets de conseil » et leurs équipes de Diafoirus des temps modernes ont bouffé la cervelle des dirigeants d’entreprises et des conseils d’administration qui dès lors courent en tous sens comme autant de canards sans tête. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, dit-on, et ces conseilleurs-là font d’abord leurs bénéfices des dommages qu’ils infligent à leurs patients, et ensuite des remèdes qu’ils leurs administrent pour y remédier. Et au bout du compte, les discrets actionnaires des uns et des autres, qui souvent sont les mêmes ou du moins partagent la consanguinité des affaires, se contentent de dicter les décisions au mieux de leurs intérêts et de choisir de quel feu ils vont tirer le plus de marrons.
Il n’aura échappé à personne qu’Atos s’est fait happer depuis des années dans cet engrenage mortifère. L’entreprise, qui reste sous perfusion de ses actionnaires créanciers le temps de mieux presser le citron des salariés, s’est épuisée et ruinée en transformations stériles. Hier coupée en deux, aujourd’hui réunifiée… demain éparpillée en cinq (régions). Et tout ça pour quoi ? L’expertise réalisée à la demande de vos représentants du personnel a permis de mettre en lumière les principaux ressorts de cette énième péripétie et les risques qui s’y attachent.
(Voir, article suivante, la synthèse des tenants et aboutissants de l’opération).
La CGT pose la question : à quand la fin de ces gesticulations improductives ? Tous ces modèles d’organisations, connus et pratiqués de longue date, n’ont rien de novateur. Ils ont tous, on le sait, leurs avantages et leurs inconvénients. Ne serait-il pas plus utile de susciter l’adhésion des salariés à une stratégie claire
et – on peut rêver – à une culture d’entreprise plutôt que de laisser chacun à l’arrêt dans l’attente et dans la confusion quant à son rôle
et son emploi ? La direction ne confirme ni ne conteste l’éventualité d’un nouvelle-nouvelle organisation à venir en 2027.
Pourtant notre Directeur Général France avait clairement affirmé que celle-ci serait « définitive ». Seule garantie : si ça change encore, ce sera à la marge. Débrouillez-vous avec ça…






