Le gouvernement profite de l’été pour s’attaquer à notre protection sociale avec deux projets de décrets :

– le premier prévoit d’accélérer le déremboursement de certains médicaments, des transports sanitaires et des consultations chez les chirurgiens-dentistes

– le second vise à doubler les plafonds des participations forfaitaires et des franchises médicales qui passeraient donc à 100 € chacun, soit un reste à charge pouvant atteindre 200 € pour les assurés sociaux.

Le gouvernement veut faire des économies, des millions de personnes vont devoir payer davantage pour se soigner ou renoncer aux soins faute de moyens. On sait que cela entraîne à terme une aggravation des pathologies, davantage d’hospitalisations et des coûts encore plus importants pour la collectivité.

Les chiffres sont pourtant alarmants : 80% des personnes interrogées pour un sondage de la Fédération hospitalière de France déclarent avoir déjà renoncé à au moins un soin en 2025, dont près de la moitié en raison d’un coût trop élevé ou d’un remboursement insuffisant.

Plutôt que de répondre à cette urgence sociale, le gouvernement choisit d’aggraver encore la situation. Les complémentaires santé trouveront là un prétexte de plus pour augmenter leurs cotisations. Insupportable quand on sait que plus de 1,6 million de retraités ont déjà renoncé à une complémentaire santé en raison de son coût.

Pendant ce temps, les salaires et pensions stagnent, le pouvoir d’achat recule et les restes à charge augmentent.

La Sécurité sociale ne souffre pas d’un excès de dépenses. Les assurés sociaux ne se soignent pas par confort ou par plaisir, mais parce qu’elles et ils en ont besoin. Le véritable problème réside dans le manque de recettes : comment accepter que près de 80 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales soient accordées chaque année aux entreprises tandis que l’on demande toujours plus d’efforts aux retraités, aux sala­riés et aux malades ? L’argent existe, la question est celle de son utilisation et de son partage.

La CGT refuse une société où l’on sacrifie la santé, la protection sociale et les services publics au nom de l’austérité, que les malades soient une nouvelle fois mis à contribution, et que l’accès aux soins devienne un privilège réservé à celles et ceux qui en ont les moyens.

Il faut se battre pour une Sécurité sociale financée à la hauteur des besoins de la population, le développement des services publics de santé, le maintien et le renforcement du remboursement des soins et une véritable politique de justice sociale et de solidarité.

La Sécurité sociale est notre bien commun. Elle n’est ni une charge ni un coût, elle est un investissement pour la dignité, la santé et l’égalité.