La direction a annoncé un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (curieuse dénomination pour un plan de licenciement…) au mois de septembre concernant environ 130 salariés. Les motivations seraient d’ordre économique et fonctionnelles : la société aurait besoin de diminuer ses coûts, donc évidemment sa masse salariale plutôt que d’abandonner son projet de déménagement de la gouvernance dans le quartier de la Défense pour un coût dépassant les 500K€ annuels. Mais aussi, nous dit-on, de « réorganiser » les fonctions supports à la suite de la fusion d’Eviden et Atos. Rappelons que la scission entre les deux entités n’a jamais été vraiment effective, a coûté très cher autant financièrement qu’en termes d’impacts sur les conditions de travail des salariés censés la mettre en œuvre, et a été désastreuse pour la relation client et le carnet de commandes. A l’époque, les fonctions supports n’ont pas été renforcées et pourtant aujourd’hui on nous annonce qu’il faut éliminer des doublons et des incohérences d’organisation. Les nouveaux dirigeants d’Atos seraient-ils aussi pris de schizophrénie que les anciens mais encore plus cyniques ?
D’autant que la mauvaise santé économique de l’entreprise servant de prétexte à ces licenciements est contredite tous les jours par les mêmes dirigeants dans leurs prises de paroles publiques ou devant les instances de représentation du personnel. Il faudrait savoir !
Depuis l’arrivée d’une nouvelle direction à la solde des créanciers/actionnaires d’Atos, après le plan de sauvegarde de fin 2024, la pression sur les coûts salariaux en particulier s’est énormément accrue.
Les directives données aux RH ont été claires : faire la chasse systématique aux salariés en intercontrat, aux plus âgés qui coûtent cher, et à tous ceux qui feraient le moindre écart par rapport aux règles concernant le télétravail, l’utilisation du poste de travail, les comptes rendus d’activités, la rigueur des notes de frais, etc…
Les licenciements pour inaptitude professionnelle ont aussi beaucoup augmenté, parfois pour des salariés ayant plus de dix ans d’ancienneté ainsi que les propositions de rupture conventionnelle à bas bruit et à bas coût. Les données fournies par la direction dans la BDES montrent que, depuis début 2025, le nombre de salariés ayant quitté Atos dans ces conditions est plus élevé que les 130 visés par le PSE et en augmentation par rapport à 2024 (soit 150 à la fin octobre).
Le cadre légal est strict : seules des catégories professionnelles clairement définies peuvent être visées pour des suppressions de poste, en aucun cas des lignes de services ou des salariés individuellement. C’est pourtant exactement ce qui se passe : les catégories professionnelles ont été établies sans aucune logique opérationnelle, parfois elles ne regroupent qu’une à deux personnes, ciblant par là-même quasi-individuellement nos collègues. Des critères d’ordre de départ doivent pouvoir être appliqués au sein de la catégorie visée pour prendre en compte la situation familiale, l’âge, l’ancienneté, le handicap éventuel, afin d’exposer le moins possible les plus vulnérables qui auraient plus de mal à retrouver un emploi. D’après la cartographie de la direction il est parfois tout simplement impossible d’appliquer ces critères, la population visée étant réduite à quelques « indésirables » !
Alors pour tenter de se justifier, particulièrement auprès de la Direction Régionale Interdépartementale de l’Economie, de l’Emploi du Travail et des Solidarités (ex-inspection du travail), la direction invente à la va-vite et a posteriori, des « méthodologies » censées avoir été utilisées pour déterminer le regroupement des salariés en catégories homogènes. En plus de prendre les représentants du personnel pour des imbéciles, elle se permet un cynisme tout à fait déplacé puisqu’il s’agit de l’avenir professionnel de certains de nos collègues !
Et la meilleure preuve que des salariés sont ciblés, c’est l’entêtement sur les critères géographiques dans les suppressions de postes, quand bien même la quasi-totalité de nos métiers peut tout à fait être accomplie à distance.






