La CGT Atos constate que, comme ses prédécesseurs, la nouvelle direction poursuit une politique d’économies réalisée exclusivement sur le dos des salariés. Ce PSE – qui n’est ni « de sauvegarde » ni « d’emploi », mais bien un plan de licenciement collectif – vise 130 salariés d’Atos France, principalement dans les fonctions support, mais aussi parmi des chefs de projet et des salariés techniques, dont l’activité Salesforce qu’Atos abandonne.
La direction s’est entourée de cabinets d’avocats pour obtenir la validation de l’inspection du travail, avec pour justification : « ralentissement du marché IT 2025 », « cession de Bull SAS », « réorganisation » et « alignement Groupe », pour un gain annoncé de 14 M€… alors que le coût du PSE serait entre 22 et 27 M€.
Cependant, les conclusions de l’expertise du CSE sont consternantes et accablantes :
- Le business plan présenté ne tient même pas compte du PSE.
- La rentabilité attendue du PSE nécessiterait plus de 3 ans, un horizon incertain.
- Les catégories professionnelles ont été construites pour cibler des personnes, en violation de la loi.
- Des libellés de paie ont été modifiés pour faire coller des salariés à la cible du PSE.
- les salariés ciblés sont majoritairement plus âgés, plus féminisés, plus en situation de handicap et moins formés, ce qui interroge sur les discriminations.
- Le projet implique un transfert massif vers le nearshore, augmentant dangereusement la charge sur les équipes restantes et dégradant la qualité de service.
- Aucun diagnostic des risques psycho-sociaux n’a été mené malgré le risque de surcharge.
- L’expertise démontre aussi que ce PSE n’est pas seulement inutile – il est contre-productif :
- Il ne permettra pas d’atteindre l’objectif de 5,2 % de frais généraux fixé par la direction.
- La suppression des postes fragilise la capacité d’Atos à assurer ses engagements pour Bull SAS.
- La direction invoque la baisse d’activité pour licencier des chefs de projet dont le taux d’activité est pourtant élevé.
- Le plan Genesis annonce une croissance spectaculaire dès 2026, mais ce PSE affaiblit en contradiction les moyens nécessaires à cette croissance.
- Sur le périmètre Eviden, quelque 200 recrutements ont été réalisés en sept.et oct.2025, ce qui prouve que les fonctions support et l’encadrement sont indispensables.
Au-delà des chiffres, il y a la réalité humaine. Les entretiens ont mis en évidence un sentiment d’instabilité et de perte de sens chez les salariés ciblés, investis dans leur métier et qui ne comprennent pas qu’Atos les « jette ». Les équipes restantes vivent comme des survivants,
voient leurs missions exploser, et craignent d’atteindre le point de rupture.
Alors pourquoi un PSE absurde économiquement, dangereux socialement et néfaste pour l’avenir du groupe ? Parce qu’il sert d’abord et avant tout à rassurer les créanciers-propriétaires et à satisfaire les exigences de la haute direction en matière de bonus indexés sur la marge.
Des salariés sont sacrifiés pour que des dirigeants puissent déclencher des primes. 130 licenciements pour un bonus – voilà la vérité nue !
La CGT Atos affirme : ce PSE doit être retiré. Aucun licenciement n’est justifié. Les salariés doivent être maintenus dans l’emploi et réaffectés. La stratégie d’entreprise ne peut reposer sur la destruction des collectifs de travail. La santé mentale et la sécurité au travail ne sont pas une variable d’ajustement.






