Mesdames et messieurs les salariés du groupe Atos,
Mesdames et messieurs les directeurs généraux du groupe Atos,
Mesdames et messieurs les décideurs politiques,
En septembre 2023 la CGT Atos mettait en garde contre le démantèlement du groupe, ses conséquences sur l’emploi et les services fournis aux citoyens français. Deux ans plus tard, l’analyse s’avère toujours pertinente mais nos pires craintes se sont réalisées ! Le groupe Atos comptait alors 110000 salariés, dont 10000 en France : aujourd’hui l’effectif est en dessous de 70000, dont moins de 8000 en France…
Avec l’aide d’experts, la CGT Atos a proposé début 2024 un projet alternatif chiffré robuste et pérenne pour sauver l’entreprise. La mission d’information sur Atos au Sénat en avril 2024 en a repris toutes les grandes lignes dans ses conclusions : alerte sur l’emploi, recentrage du groupe sur l’Europe, maintien du facteur différenciant qu’est la fourniture de services informatiques de bout en bout et intervention nécessaire et forte de l’état pour garantir la souveraineté industriel et numérique inhérente aux activités publiques d’Atos.
Nous nous interrogions à l’époque sur les fondements et l’avenir d’Atos. Aujourd’hui nous savons à quoi nous en tenir : une énième équipe dirigeante qui, à peine arrivée, s’approprie indument l’historique et les richesses produites par les salariés depuis des décennies, au profit des actionnaires créanciers. La décision de vendre les pépites Worldgrid et la branche supercalculateurs montre l’incohérence et l’incompétence opérationnelle toujours présentes au cœur de la gouvernance. Le cynisme et la brutalité se sont cependant accrus à l’endroit de ceux qui ont construit Atos, ses salariés !
Mesdames et messieurs les dirigeants, quel est votre rôle ?
Sauvegarder l’outil industriel et l’emploi ou servir avec pusillanime les actionnaires qui vous ont placés là ?
Les créanciers devenus actionnaires, l’entreprise n’est pas sauvée mais livrée aux vautours de la finance pour un démantèlement en règle. La seule stratégie est une réduction drastique des couts pour générer du cash à court terme menaçant la survie même du groupe, au service d’intérêts purement financiers.
L’objectif de restructuration de la dette entériné fin 2024 par le tribunal de commerce de Pontoise est déjà obsolète puisque le plan d’affaire associé prenait en compte des activités rémunératrices qui ont été vendues depuis (WorldGrid et supercalculateurs). Il n’y a toujours pas de stratégie opérationnelle : le discours lénifiant du Captal Market Day et son mantra enfantin sur l’Intelligence Artificielle n’a convaincu personne. Comment recruter ou garder les compétences nécessaires, en former de nouvelles sans moyens ? Comment s’appuyer sur l’IA sans la branche supercalculateurs ?
Comment expliquer les dépréciations d’actifs de 7.7Mds depuis 2021,? A quoi ont servi les 4Mds de cash et les 1.7Mds de couts de restructuration (+700M pour 2025) dépensés depuis ? Y’aurait-il une « fuite des capitaux » chez Atos ? Où est passé cet argent fruit du labeur des salariés ? Qui sont les bénéficiaires ? La CGT Atos exige que la lumière soit faite sur cette gabegie, pour ne pas employer de termes plus graves !!
Mesdames et messieurs les dirigeants, qui êtes vous pour voler impunément le fruit de notre travail, mépriser notre engagement et démanteler l’outil industriel garant de nos emplois ?
La nouvelle gouvernance veut maintenir 80 % du chiffre d’affaires en amputant les effectifs de 50%. La charge de travail de ceux qui restent est insupportable. Le harcèlement des salariés en intermission, les licenciements abusifs, les ruptures conventionnelles forcées, la discrimination liée à l’âge ou au sexe sont devenus le quotidien de nos collègues. L’employeur mène un plan social à bas bruit et s’exempte de ses obligations en termes de formations, d’encadrement et de prévention des risques psycho-sociaux.
Economie ? Pas pour tous : les primes et parts variables sont acquises plus aisément pour les dirigeants même lorsque leurs entités sont en déficit, les honoraires de jetons de présence au Conseil d’administration sont doublés et la direction du groupe ose déménager à la Défense, engendrant plusieurs millions d’euros de dépense sur les prochaines années, alors que le siège social à Bezons, tout proche, est inoccupé à 65 % !
En 2025, 88 privilégiés ont bénéficié de ces largesses pour un montant de 5,5M€, soit 62500 par personne, alors que les négociations salariales ont abouti à une misérable revalorisation moyenne de 0.62% pour les 9000 salariés qui créent la richesse dans l’entreprise ! Allons nous encore longtemps nous laisser bafouer ?
En diminuant drastiquement les effectifs et organisant une pression intenable sur les salariés, la direction condamne nos activités de production. Le gouvernement refusant d’être clairvoyant sur la situation d’Atos, les représentants parlementaires doivent posent la question critique : quelle est la cartographie des risques pour la population française et les services d’Etat si Atos fait défaut ? Et d’en déduire la conclusion la plus rationnelle : la nationalisation. Ce que prône la CGT depuis 3 ans !
Contact : cgtatosbull@cgtatos.org





