PSE : moindre mal


Presque 8 mois ont été nécessaires pour dérouler le cadre légal du projet de plan de licenciements –  dit plan de sauvegarde de l‘emploi (PSE) – voulu par la direction d’Atos
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Presque 8 mois passés en réunions de négociations, en présentations et consultations des représentants du personnel au CSE, en expertises d’accompagnement pour démêler les fils d’un projet mal ficelé qui se défaisait au fur et à mesure des échanges…

Un périmètre révisé au jour le jour, des motivations économiques incompréhensibles, des choix d’organisation à rebours des orientations stratégiques annoncées, un nombre de postes supprimés sans cesse réduit (et c’est tant mieux) : bref on n’était pas loin de penser qu’on avait affaire au projet le plus bête, le plus inutile et le plus cher par tête de pipe de l’histoire des PSE…

La direction d’Atos a tout de même fini par obtenir au forceps l’homologation de son plan par les services de l’Etat, condition obligatoire à sa mise en œuvre. Mise en œuvre qui n’aura quasiment pas lieu puisque la direction a décidé qu’elle n’appliquerait que le volet de départs volontaires prévu dans le PSE et qu’aucun licenciement ne serait effectué. Tant mieux !

C’est une petite victoire de vos représentants qui étaient sur le point d’attaquer le projet en justice pour le faire condamner et ouvrir droit à indemnisation pour les salariés lésés. Cela ne sera donc pas nécessaire.

Que d’énergie dépensée et que de temps gaspillé !

Tout ça pour ça ?


Quand la décroissance des effectifs ATOS augmente mécaniquement la marge !

C’est le nouveau mantra de la direction aux ordres des banquiers, qui sont nos créanciers et ne regardent que la profitabilité. Faute de stratégie répondant à un projet industriel cohérent cette direction incompétente se contente d’expédients.

Les chiffres parlent. Depuis 2022 les effectifs du groupe Atos ont suivi une trajectoire décroissante constante et régulière :

  • 31/12/2022 : 110000 salariés
  • 31/12/2023 : 95000 salariés
  • 31/12/2024 : 78000 salariés
  • 31/12/2025 : 63000 salariés
  • 01/04/2026 : 58000 salariés

Pour le PDG le cap est clair puisque depuis début 2025 le groupe a perdu 20000 salariés.

Par ailleurs, la communication obligatoire du ratio d’équité des émoluments du PDG (de 301,8 fois le salaire moyen des salariés), nous indique que ce salaire moyen est de 61000 € (Atos monde).

Faisons un petit calcul : 20000 (salariés partis) x 61000 (salaire moyen) = 1,22 Milliard € d’économisés !

Voici la raison d’être du plan Genesis, et il aura fallu un énième cabinet de conseil prédateur et un plan au nom pompeux pour masquer qu’une simple formule dans un tableur Excel aurait abouti au même résultat :  l’accroissement de la marge opérationnelle s’opère par le départ des salariés de l’entreprise et pour ceux qui restent par le gel de leur salaire.

Ceci explique les plans de compression dans le monde, et l’investissement de 700 Millions € pour les mettre en place ! La casse salariale ça rapporte gros mais pas pour tout le monde !

Alors tant que je gagne je joue. A qui le tour ?

La direction actuelle est un croque-mort qui enterre un peu plus les salariés du groupe Atos chaque jour…