Voilà le capitalisme dépouillé de son vernis idéologique : une mécanique froide qui transforme la vie humaine en déchet industriel dès qu’elle gêne l’accumulation financière.
Ce PDG n’est pas une exception — il est l’archétype du système. Il serait confortable d’accuser ce dirigeant d’être immoral. Mais le capitalisme, lui, ne demande pas de morale : il demande de l’obéissance au profit.
Un PDG qui licencie est récompensé.
Un PDG qui protège l’emploi est sanctionné. Ainsi, les plus riches deviennent plus riches parce qu’ils détruisent la vie des autres. Ce n’est pas une faute du système — c’est son mode de fonctionnement.
Le capitalisme ne s’enraye pas quand il détruit des vies ; il s’enraye quand il n’en détruit pas assez.
130 vies brisées = une ligne de tableau Excel
Dans le langage aseptisé de la direction, les suppressions d’emplois sont des « ajustements d’effectifs ».
Dans le monde réel, ce sont : des maisons menacées de saisie, des enfants qui voient leurs parents s’effondrer, des personnes qui perdent le sommeil, la santé, la confiance, parfois la vie.
Mais aucune colonne de tableau Excel ne mesure l’angoisse, les divorces, les dépressions, les humiliations. Le capitalisme les considère comme non comptabilisables parce que non monétisables. Un système où l’on privatise les profits et socialise les dégâts…
Le PDG touchera sa prime. Et qui paiera le prix ?
L’assurance chômage, la sécurité sociale, les collectivités locales qui tenteront de réparer les dégâts. Les bénéfices sont privés, les ruines sont publiques.
L’État n’est appelé que pour nettoyer les crimes économiques des grandes entreprises. Le capitalisme ne « dysfonctionne » pas — il fonctionne trop bien. On répète que « l’économie de marché crée de la richesse ».
Oui : pour ceux qui possèdent le capital.
Pour les autres, elle produit de la précarité, de la peur et du chantage permanent à l’emploi.
Quand un PDG supprime 130 postes pour une prime, il n’exagère pas : il fait exactement ce que le capitalisme attend de lui. Conclusion : si l’on veut une société humaine, il faut en finir avec une économie qui dévore l’humain.
Tant que l’entreprise sera un instrument d’enrichissement privé, les salariés seront des variables jetables. Tant que les travailleurs ne contrôleront pas l’outil de production, on supprimera des emplois pour verser des primes.
Tant que le capital régnera, les vies ordinaires seront sacrifiées sur l’autel d’un pourcentage.
Ce PDG n’est pas la source du problème.
Ce PSE n’est pas la source du problème.
Le problème, c’est le capitalisme lui-même.
Comment le contrer ?
SE MOBILISER ET CRÉER UN RAPPORT DE FORCE






