Comme ses prédécesseurs, la nouvelle direction Atos recherche des plans d’économie et dégrade les conditions de travail des salariés.

Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi lancé en septembre 2025 – de fait un licenciement collectif – vise particulièrement les fonctions support (marketing, communication, RH, finance…) mais aussi des chefs de projet et des acteurs techniques dont Saleforces qu’Atos abandonne. Ce plan est soumis à la validation de l’inspection du travail, la direction s’est donc dotée de 2 cabinets spécialisés d’avocats. Les motifs impérieux évoqués sont : un marché IT 2025 en ralentissement, la cession de Bull SAS et des supercalculateurs/IA, une nième réorganisation, donc moins de fonctions supports pour s’aligner sur les directives Groupe avec un gain estimé de 14 millions d’euros d’économie sur la masse salariale. Le coût du PSE oscillant entre 22 et 27 millions d’euros.

 

Les CSE Atos en France ont demandé une expertise indépendante dont voici les grandes conclusions :

  • Le périmètre du business plan présenté ne prend pas en compte le PSE.
  • La direction surestime les économies qui seraient d’environ 10 millions d’euros, car des fonctions du global n’appartiennent pas au compte Atos France.
  • Le temps de retour sur investissement du PSE serait d’environ 3 ans, ce qui est lointain et incertain.
  • La construction des catégories professionnelles aboutit à viser des personnes (ce qui est contraire à un plan de licenciement).
  • Pire, la majorité des libellés de paie des postes supprimés a été modifiée pour faire entrer les salariés dans la cible !
  • Le projet entraîne un transfert massif accru vers le nearshore avec de fortes charges sur les équipes restantes et la qualité de service.
  • L’absence de diagnostic des risques psycho-sociaux empêche la prévention santé vis-à-vis de l’intensité et du temps de travail.
  • Les salariés concernés sont plus âgés, plus féminisés, plus en situation de handicap, moins formés que la moyenne des salariés…

 

Ce qui est démonstratif dans le rapport, c’est l’inutilité voire la contre-productivité de ce PSE :

  • Le PSE ne permettra pas à lui seul d’atteindre la cible de 5,2% de frais généraux fixé par la direction (il est d’environ 8% actuellement).
  • La suppression de postes du PSE pourrait affaiblir la capacité d’Atos à assurer son support pour Bull SAS.
  • La direction invoque la baisse d’activité pour supprimer des postes de chefs de projet qui ont pourtant un taux d’activité élevé !
  • Le plan Genesis du PDG prétend une forte progression du groupe dès 2026, mais le PSE affaiblit en réalité les leviers de croissance :

– ambitions de multiplier par 4 la marge opérationnelle de 2,5 à 9% entre 2025 et 2028,  +34% du CA par an (!), +55% de Marge Projets

– en septembre et octobre, pour chaque mois,   une centaine de nouveaux salariés ont été embauchés rien que sur le périmètre Eviden ce qui nécessite des fonctions supports et    d’encadrement en plus.

  • Les 130 salariés visés par le PSE sur les 9600 en France représentent 1,4% des effectifs, le Groupe a les moyens et le besoin de les réaffecter.

 

Et puis il y a d’abord le social : les entretiens avec les salariés font ressortir un profond sentiment d’instabilité et une forte perte de sens avec ce PSE. Les personnes ciblées investies dans leur travail ne comprennent pas qu’Atos les « jette ». Les équipes diminuées restantes ont un sentiment d’être des survivants et voient leurs charges de travail s’accroître jusqu’au point de rupture…

Mais alors pourquoi ce PSE infondé et inutile ? L’expert est affirmatif : pour donner des gages vers les créanciers-propriétaires !

Nos collègues sont sacrifiés pour l’exemple sur l’autel de la bourse et des bonus d’intéressements des hauts-dirigeants… Du pur cynisme.