Le 28 mai 2025, la direction annonce aux organisations syndicales la dénonciation des accords collectifs concernant les garanties frais de santé et de prévoyance sur le groupe Atos France.

Les arguments évoqués sont des arguties :

  • « Les accords de 2015 de protection sociale des salariés ne sont plus adaptés aux évolutions législatives qui font supporter davantage aux entreprises le désengagement de la Sécurité Sociale. »
  • « L’intention de la direction est de trouver le bon équilibre au regard des pratiques du marché. »

De par la loi, les accords perdurent 15 mois après leurs dénonciations pour des négociations d’un éventuel nouvel accord, sinon la direction imposera ses directives et donc de nouvelles dégradations.

 

Décryptage

La dénonciation des accords de Santé s’inscrit dans un panorama plus large : celui de l’endettement d’Atos et la volonté de la nouvelle direction de vouloir « tailler » dans les coûts ;

  • En CSE Eviden du 21/05/2025, le DG Atos France déclarait : « Il faut tailler jusqu’à l’os ».
  • En enquête sénatoriale le 14/04, le PDG Atos déclarait : « Le coût douloureux du travail en France ».
  • Au Capital Market Day du 14/05, le PDG s’engageait sur la forte réduction des effectifs et des coûts.

Une nouvelle direction technique ? Non, des mercenaires spécialistes de la réduction des coûts.

Les salariés ne doivent pas s’y méprendre : la dénonciation des accords fondamentaux sur la santé procède de la même méthode : réduire sur tout, partout. Sauf les salaires mirifiques des dirigeants…

Après des non-négociations annuelles 2025 et son 0,62% méprisant d’augmentations individuelles, après la pression sur les inter-contrats et les menaces de licenciements, après le non-remplacement des salariés démissionnaires, la direction attaque le volet social collectif.

C’est la considération qu’Atos voue au statut des salariés : « Culpabilisez, vous coûtez trop cher ! ».

Mais pas pour tous : le Document Universel 2024 précise une rémunération exceptionnelle du PDG si Atos parvenait à refinancer sa dette plus tôt que prévu :

« Si la dette d’Atos est refinancée avec succès avant la fin de l’exercice 2026, le PDG recevra une rémunération exceptionnelle égale à trois fois sa rémunération annuelle fixe soit 3,6 millions €, ou bien 2,4 millions d’euros si c’est avant la fin de l’exercice 2027 ».

Que vaut la santé des salariés face à l’avidité de nos nouveaux dirigeants provisoires ?

 

Les salariés doivent se mobiliser contre cette nouvelle direction. Nous invitons nos collègues à remonter leur mécontentement auprès de leur management et de leurs RH. Plus vous serez nombreux à le faire, plus vos représentants CGT seront en position de force pour contrer les mauvais coups à venir !

 

Combat CGT pour la revalorisation des primes et des modules d’astreintes

Depuis 2021 la CGT se bat pour obliger la direction à respecter sa signature concernant la revalorisation des diverses primes liées au travail atypique, celles d’astreintes et de bon accomplissement du planning. L’accord original de 2016 qui régissait ce type particulier de travail sur le périmètre Infogérance, remplacé depuis par celui de 2023 sur Atos France dont le contenu est quasi identique, prévoyait de les réévaluer lors des NAO, et au minimum tous les trois ans, du montant des budgets annuels d’augmentation accordés sur le périmètre concerné. Evidemment la direction ne l’a pas fait et à force de réclamation de la CGT, cette revalorisation a été actée en avril 2021, avec presque 2 ans de retard !

De surcroît, l’ensemble des augmentations accordées dans le périmètre de la société n’a pas été respecté non plus puisque ont été exclues du calcul toutes une série d’augmentations (légales, non-discrimination des représentants du personnel, retours de maternité, minima conventionnels…) alors que l’accord ne stipule aucune restriction. Enfin, les années de référence n’ont pas été respectées non plus en excluant 2017 au bénéfice de 2020, cette dernière étant une année « blanche » avec un budget d’augmentation à 0% ! Pour aboutir à une revalorisation finale moyenne de 4% (au lieu des 5.76% dus) et s’appliquant en janvier 2021 et non juillet 2019.

La perte moyenne sur cette période par salarié effectuant des astreintes récurrentes, calculée par la CGT, s’élève à 409€ chez Infogérance et 327€ chez Bull. Sans prendre en compte les biais de calcul que nous avons dénoncés, qui s’appliquent depuis maintenant 4 ans et qui lèsent tous ceux qui touchent ces primes depuis cette date.

On a beau avoir l’habitude de la filouterie (on est chez Atos, ne l’oublions pas), la coupe était décidément trop pleine et la CGT a décidé de porter l’affaire en justice à l’été 2021. Et nous n’avons pas été déçus : la direction a contesté non pas le fond mais la forme en arguant qu’une organisation syndicale n’était pas fondée à ester en justice pour faire respecter un droit émanant d’un accord signé mais bénéficiant individuellement aux salariés ! Après moult batailles, en mars 2023 la justice a estimé que la CGT était bien fondée à intervenir sur le sujet mais qu’il n’y avait pas matière à demander réparation ! Nous avons bien évidemment interjeté appel de cette décision, véritable déni de justice car les juges n’ont pas statué sur le fond de l’affaire.

Nous aurons (peut-être) gain de cause lors de l’audience du tribunal du 09 septembre 2025, soit quasiment 5 ans après les premières démarches de la CGT pour défendre les droits des salariés d’Atos.

Merci la direction et la justice !

Le Travail c’est la santé,

nous dit en résumé le docteur (et directeur France) Chartier en faisant le tableau clinique d’Atos. Mais le malade est mal en point, diagnostic :

Appels d’offres : au-dessous des attentes. Et en sus on ne parle plus seulement de  contrats rouges, mais noirs (sic).
Niveau d’intercontrats : pas tenable. Il faut se sevrer de la sous-traitance (-500). On forme (?) on habilite, et on vise le 4% d’intercontrat.
Effectifs : à réduire. Monter la pression à la mobilité géographique et fonctionnelle

Ce sont les salariés, encore et toujours, qui vont faire les frais de la thérapie imposée et en subir les effets secondaires.
4% d’intercontrat est une position résignée avec pour seul objectif sauver la finance.