C’est la question première de la CGT depuis l’annonce du projet. L’analyse du marché mondial des supercalculateurs montre que le top 5 est adossé à des très grands groupes type Lenovo, IBM, HP. Et que cela avait du sens que HPC Bull soit dans le groupe Atos car l’activité est cyclique : des années fastes avec les livraisons, et néfastes avec les approvisionnements de pièces (200 M€ d’achat en 2024). Pour durer, il faut la trésorerie adéquate dans le temps, et Bull SAS en autonome avec ses 2500 employés n’aura plus un environnement de soutien.

La direction HPC a bien préparé les choses et expose sa stratégie à vos représentants du personnel. Le discours est le suivant :

  • Le Business Plan entre 2024 et 2030 prévoit un impressionnant 100% d’augmentation du Chiffre d’affaires sur les HPC et 130 % sur Business computing. Sur la même période, il est prévu un doublement des investissements R&D.
  • Un marché Business computing qui est estimé en croissance de 8% par an entre 2022 et 2027.
  • Un partenariat avec la société américaine SuperMicro dont la croissance a été jugée fulgurante ces dernières années et qui occupe largement les secteurs des petits et moyens serveurs. Bull SAS étant positionné sur les gros serveurs, l’objectif est de présenter par les 2 sociétés une gamme complète vis-à-vis des clients. L’accord a été signé le 11 mars 2025 pour « renforcer les capacités d’IA des entreprises ».
  • Un marché européen soutenu par la volonté d’indépendance de la commission éponyme, avec une enveloppe de 7 milliards via une structure dédiée dénommée EuroHPC, et dont Bull SAS a remporté les 8 derniers marchés sur 10.
  • Et également des fonds européens dédiés à EuroHPC AI qui dote déjà 15 projets en attente d’appel d’offres. Cette partie n’étant pas incluse dans le Business plan 2024-30 et ainsi ouvre les possibilités de commandes supplémentaires.
  • L’entité va travailler sur les softs AI avec les data scientists pour monter dans les couches logicielles afin d‘assurer la complémentarité avec les serveurs. (Il y a un blanc lorsque la CGT explique qu’il y aura alors concurrence avec Atos…).

Et pour la gouvernance ?

  • L’Agence des Participations de l’Etat (APE) est un actionnaire-financier ; il n’est pas de son rôle de s’immiscer dans la direction opérationnelle des entreprises. L’APE acceptera de venir en CSE Eviden mais après la signature du contrat définitif (sous 2 mois). Bull SAS va devenir une société indépendante sans holding, capitalisée par l’Etat.

Et pour les salariés ?

  • Les salariés sous contrat Bull SAS conserve leurs statuts. Pour les salariés Bull SAS ne travaillant pas pour le périmètre HPC, un contrat Atos leur sera proposé. Et inversement, pour les salariés Atos travaillant pour les HPC, un contrat Bull SAS leur sera présenté.
  • En situation géographique, HPC et AC sont éparpillés sur 19 sites dont les principaux sont Angers, Les Clayes, Bezons, Echirolles, Bruyères-le-Châtel, la politique pour les postes de travail serait d’attribuer au-dessus de 30 salariés, des bureaux dédiés. De 5 à 30 salariés, des bureaux partagés. En dessous de 5, la direction regardera au cas par cas. Il n’y aura
    pas de télétravail à 100%.

Le directeur HPC prévient : « Attention, ce n’est parce que l’Etat nous rachète que c’est champagne ! » Pourtant c’est bien un nouveau pétillement des Bull tout de même !!!

Le CSE attend un rapport d’expertise détaillé sur l’opération pour fin juin.
La CGT vous en dira plus et vous informera au fur et à mesure des évènements…