La CGT milite pour un droit d’alerte économique au CSE Eviden. Qu’est-ce que c’est ?
Le droit d’alerte économique est un outil juridique dont dispose le CSE (Comité Social et Économique) dans une entreprise. Il permet d’alerter la direction lorsqu’il y a des inquiétudes sérieuses sur la santé financière ou la gestion de l’entreprise. Et aussi d’obtenir un rapport critique de la situation et ne pas se contenter des communications « officielles » d’une direction ; les salariés ont le droit de savoir où va l’entreprise !
Voici les faits préoccupants qui motivent l’alerte :
- Le groupe Atos voit son chiffre d’affaires baisser chaque année depuis 2019 et enregistre des pertes abyssales.
- Le groupe a procédé à des dépréciations massives de plusieurs milliards lors des 3 derniers exercices.
- Le groupe est en situation de fonds de roulement négatifs ces dernières années.
- Le groupe a été au bord du précipice en 2024 compte tenu de l’ampleur de son endettement.
- La restructuration de la dette n’a pas été suffisante et celle-ci demeure élevée.
- Les coûts de la séparation se chiffrent à des centaines de millions d’euros alors que celle-ci a avorté. Et les coûts de rapprochement sont maintenant dissimulés.
- Les coûts de restructuration représentent eux aussi des montants substantiels qui viennent grever la trésorerie.
- Les pertes de clients se cumulent, et ceci dans plusieurs zones géographiques.
- Les performances d’Eviden se sont fortement dégradées, en particulier en 2024.
- Les différents projets de cession au sein d’Eviden contribuent à rendre plus difficile l’équation économique du groupe.
- Les frais financiers de la nouvelle dette sont rédhibitoires et pèsent sur l’avenir du groupe.
Pour la CGT, la somme des échecs est un bien-fondé d’alerte économique.
La CFE-CGC et FO se réservent légitimement leurs positions, cependant adhèrent à l’urgence de la situation.
La CFDT s’est fendue d’une déclaration pour refuser cette alerte arguant que ce n’est pas le bon moment et prétextant qu’il faut attendre la parole messianique de notre PDG au mois de mai. Elle conclue que le droit d’alerte économique est inapproprié…
Que la CFDT aille dire cela aux salariés cédés, aux salariés licenciés, aux salariés malmenés, aux salariés dans l’inconnu de leurs activités, et aux salariés qui stagnent dans leur carrière et leur valorisation salariale !






