Tous vénaux ! Tous véners !
Ha la belle plaisanterie ! La direction nous présente ces nouvelles initiatives d’intéressement 2025 :
- Tout d’abord un Concours commercial, réservé aux 250 acteurs de vente chez Eviden France. Suivant le montant du chiffre d’affaires, hop une prime qui reste modeste : 500 €.
- Pour toute Offre croisée Eviden et Atos, hop, un pourcentage reversé au commercial. A croire que le variable et les objectifs ne suffisent plus. Faut une carotte supplémentaire pour sauver Atos !
- Ensuite Tous gagnants. Accessible à tous les salariés non commerciaux, une prime de 500 à 2000 € suivant le montant de l’affaire gagnée. A croire que vous avez le temps de faire du commerce en plus de vos tâches de production, de management et de gestion, tout en palliant aux manques de moyens !
- On continue : Switch and Win. Réservé au management de proximité (CP / DP), une prime de 500 € s’il y a remplacement d’un sous-traitant par un intercontrat Atos.
- Ça insiste : Sourcing challenge. C’est pour les commerciaux. C’est une prime en moyenne de 500 € par salarié nouvellement affecté en mission d’assistance technique. Mais il faut une marge supérieure à 21% tout de même…
La CGT a fait l’analyse suivante : Malgré les proclamations répétées de la direction sur « Atos est sauvé », et « Les caisses sont pleines », on constate que notre société est aux abois sur sa viabilité. Les marges projets sont en majorité aux alentours de 20 %, mais la marge opérationnelle finale du groupe stagne à 2,5 %. La différence, ce sont, entre autres, les frais de restructuration qui continuent dans les stratégies délirantes de la gouvernance ! En final, Ce management a réduit le Workforce management (WFM), a ratatiné les RH, a taillé dans les commerciaux de proximité, bref, il y a glissement de fonction au point où le salarié doit assurer des activités au-delà de ses tâches. Quand tout le monde fait le boulot de tout le monde dans une entreprise, c’est le bordel.
Et Atos en est un parangon !
Charte(r) intercontrat Eviden
Cette direction fébrile ne sait plus quoi inventer. Elle présente en CSE une Charte intermission. Comprenez bien : des engagements supplémentaires pour le salarié qui n’a plus d’activité; qui d’après la loi, incombe au seul employeur ! (Cass. Soc. 11 mai 2022 n° 20-18372).
Un exemple : Tenir à jour une liste des actions / pistes en cours : formations suivies, réponses aux demandes, CV envoyés, RDV clients… On dirait le même processus qu’à Pôle France Emploi !
Vos représentants du personnel lisent une déclaration à la direction sur cette pratique qui ne constitue pas un cadre juridique. En effet, ce document ne fixe pas de définition précise du statut en intercontrat, ne définit pas les règles appliquées aux salariés, ou les prévoit de manière trop générique les rendant non applicables pour tous (cadre au forfait et exigence de connexion toutes les 4 heures / intercontrat partiel / intercontrat en formation). Les conditions précises du contrôle ne sont pas non plus explicitées, de même que les mesures d’accompagnement des salariés, sachant que l’employeur reste seul responsable d’une obligation de mission de travail.
Le CSE de l’UES Eviden demande donc à Eviden de ne pas mettre en œuvre des mesures au titre des obligations du salarié en intercontrat. Car vous l’aurez anticipé. Ces directives unilatérales qui s’empilent sur le salarié, portent en leur nature des sanctions possibles.
Et comme il y a une forte volonté de réduction des effectifs, une insuffisance professionnelle pourrait être déclenchée par cette direction éperdue dans sa recherche de rentabilité – qui n’inclue pas les hauts salaires et les dérives de dépenses somptuaires de la gouvernance, bien entendu…






