Dictionnaire :  Caractère d’une personne qui feint, qui a deux attitudes, joue double jeu. Caractère dissimulé.  Synonyme : déloyauté, dissimulation, fausseté, fourberie, hypocrisie, mauvaise foi, mensonge, trahison. Littéraire : insincérité, tartufferie.

 

Pourquoi  cette explication de vocabulaire ? Pour dénoncer avec des mots choisis la manière de  faire de notre direction. Mais un exemple vaut mieux qu’un long discours. Voyez vous-mêmes…

La direction des ressources humaines, à l’occasion du CSE de janvier, a présenté la note relative aux congés 2025. Elle a souligné qu’elle clarifiait « une bonne fois pour toutes », le problème récurrent des dates de congés imposées à tort par le management (en cas de fermeture de site client ou en cas de fin de mission par exemple). Ses propos sont clairs : « Dans le cas où un salarié n’aurait pas planifié ses congés au plus tard le 31 mai 2025, le management pourra lui imposer la date de prise des congés, et c’est le seul cas où le management peut imposer les dates des congés ». Pas en cas de fermeture de site client, donc. Et pas davantage en cas de période d’intermission. On aurait pu croire que le sujet était clos. Mais non…

En effet, la semaine suivante, cette même direction girouette change de discours à l’occasion de la présentation de la « charte de l’intermission ». Et d’affirmer le contraire de ce qu’elle disait la semaine précédente. Car dans cette charte, on peut lire au sujet des congés pendant la période d’intermission : « les dates individuelles des congés sont fixées par l’employeur après consultation des intéressés et en fonction des nécessités du service. A ce titre, nous pourrons vous demander de prendre une partie de vos congés durant cette période [d’intermission] sous réserve d’un délai de prévenance ». En clair, comprenez bien, c’est open-bar : vous irez en congé quand il plaira à Atos.

Cette disposition, faut-il le rappeler, est illégale. Le droit du travail, de même que notre Convention Collective, n’autorisent que des dates de congés imposées collectivement, au seul motif de fermeture de l’établissement employeur. Et encore, seulement après avoir établi des règles équitables de priorisation des départs en congés et les avoir présentées en CSE. Mais pas en cas de situation individuelle de fin de mission. Pas davantage en cas de fermeture du client.

La direction tient donc délibérément un double langage : elle singe cyniquement le respect du droit devant les élus du CSE, pour ensuite s’assoir dessus dans les consignes qu’elle adresse aux managers et aux salariés. Et il y a de grandes chances que ces derniers, en confiance, se laissent abuser.  Mais advienne qu’un salarié s’en plaigne et porte une réclamation aux oreilles de ses représentants syndicaux, il y aura fort à parier que la DRH se souvienne opportunément du droit et dénonce avec hypocrisie l’incompétence du management local. Mauvaise foi, disions-nous ?

Ces magouilles sont minables et n’ont même pas le mérite de l’originalité. En  2019, Cap Gemini a été condamné en justice, face à la CGT, pour des faits similaires. Mêmes canailles, mêmes manières, c’est la règle du « pas vu pas pris ». Et même pas honte, car il n’y a que le résultat qui compte : pour améliorer la marge, quand on ne sait pas quoi faire, on essaie d’utiliser
les congés des salariés en mode « bouche-trou » d’intermission.

A tous les salariés : attention à ce que votre management – parfois de bonne foi – vous affirme.
A tous les managers de terrain : n’ayez pas confiance en cette direction qui vous raconte
des salades, vous pousse à la faute et vous lâche à la première anicroche.