La présentation du rapport d’expertise sur l’égalité professionnelle au sein du groupe Atos a fortement déplu à la direction qui y voit des partis pris, des contre-vérités, des inexactitudes… Le fait est que les conclusions de l’expert mandaté par les élus viennent contredire le discours béat et lénifiant de la communication groupe sur le sujet sensible de l’égalité professionnelle femmes / hommes.

 

Faisons un rapide tour d’horizon des constats de l’expert.

 

Celui-ci pointe tout d’abord une carence de culture d’entreprise sur le sujet de l’égalité professionnelle. Il y a clairement un défaut de pédagogie de la direction envers ses managers. La démarche de rattrapage salarial n’est pas comprise. Le management s’efforce à tort de lier ces rattrapages à la reconnaissance de la performance individuelle. Ils se font donc au détriment des augmentations individuelles ce qui tend à pérenniser les inégalités voire à les aggraver.

A contrario, le management se montre sensibilisé aux questions de prévention des violences sexistes et sexuelles, même si le bilan de l’effort de formation sur ce sujet est notoirement insuffisant.

 

L’expert souligne ensuite que le choix de la méthode retenue pour mettre en évidence les inégalités n’est pas neutre et peut produire des distorsions, des « angles morts » ou des effets de seuils dans l’analyse. Il serait important de le prendre en compte pour que les rattrapages soient plus justes. Mais à ce jour la direction n’entend pas faire évoluer sa méthode.

 

Le taux de mixité dans les métiers reste constant et les écarts d’effectifs par niveaux GCM perdurent : les femmes sont plus présentes dans les niveaux les plus bas, les hommes dans les plus élevés. Les déséquilibres de mixité dans les candidatures puis dans le recrutement expliquent en partie cette situation, mais sans qu’il y soit remédié car le management considère souvent que « c’est le marché qui veut ça ». Comme si c’était une fatalité. Les entretiens menés avec le management pendant l’expertise révèlent un manque de méthode, et donc des disparités dommageables dans la manière de fixer les salaires à l’embauche.

 

Pourquoi y a-t-il peu de femmes dans les hauts niveaux GCM ? De l’avis de l’expert, pour beaucoup de femmes les fonctions managériales sont un repoussoir en raison du manque de reconnaissance salariale accordée en contrepartie de l’augmentation de responsabilités.

Interrogée sur cette question, la direction lâche qu’il s’agit de postes de management « à haute responsabilité plutôt masculins » (sic !). Pour ces postes, il y a, dit-elle, plus de candidats hommes. Fatalité, encore ? Elle dit enfin que « c’est une vaste tâche que d’être manager chez Atos », ce en quoi elle rejoint malgré elle l’analyse de l’expert !

 

Pour cette année, la direction n’est pas en mesure de préciser la date d’application des rattrapages de salaires au titre de l’égalité professionnelle. En tout cas, pas en octobre comme précédemment.  Ce qui en dit long sur l’importance du sujet à ses yeux…