La dette publique française (Etat, collectivités, caisses de sécurité sociale) s’est considérablement envolée, principalement sous l’effet Covid. D’après l’INSEE, elle atteint fin 2022 : 2670,9 milliards d’euros et risque encore de gonfler en 2023 pour atteindre les 3000 Mds et représenter 111,2 points de PIB, contre 98 % fin 2019, soit une hausse de 13 points.

Le débat en haut lieu est de savoir quand et comment la rembourser ou, du moins, empêcher qu’elle ne s’étende. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a dressé une nouvelle digue, celle des 120 % de PIB de dette publique. Pour lui, c’est la limite à ne pas dépasser pour conserver la « confiance des marchés ». Pour ceux-là, il faudra bien administrer une petite cure d’austérité et d’efforts au monde du travail.

Message bien reçu par le MEDEF, dirigé par Geoffroy Roux de Bézieux, qui déclarait sur France Info le 6 janvier 2021 : « Et donc, comment on fait pour rembourser ? Ben oui, il faut commencer à donner quelques petits signaux. Et la retraite peut être une manière de rembourser une partie des déficits. Mais moi, je ne suis pas pour remettre un grand débat sur la retraite avec l’aspect régime à points, etc. parce que c’est très anxiogène. Mais pourquoi pas, avant la fin du quinquennat, augmenter les trimestres de cotisation, parce que c’est une méthode assez juste, ça prend en compte l’âge du début du travail. Donc, c’est relativement égalitaire par rapport aux gens qui ont travaillé tôt ».

Nous faire travailler plus et plus longtemps pour gagner moins, c’est la recette du patronat. La réforme « systémique » des retraites engagée en 2019 par Macron n’ayant pas résistée à la rue puis au Covid, on comprend mieux la version 2023 avec augmentation des trimestres et de l’âge donnant droit à une retraite complète. Voilà « quelques petits signaux » qui feront plaisir aux « marchés » ! Au passage, ceux-ci ne connaissent pas la crise si on se réfère aux niveaux des différentes bourses dans le monde (cf Mémo éco – Bourses : pourquoi elles s’envolent ? | Analyses et Propositions (cgt.fr)) et à l’explosion de profits et des dividendes pour un nombre certain de grandes sociétés.

Est-il « juste » de faire travailler plus longtemps les plus vieux ? Il semble que les jeunes qui peinent à entrer sur le marché du travail et à gagner leur vie perçoivent différemment le sens de ce mot.