Pourtant cela semblait bien parti. « Mieux comprendre le stress au travail et ses impacts », … « Repérer les signaux d’alerte et les risques d’épuisement professionnel», … «Prévenir […] le stress professionnel ». Ce webinar pouvait être parfaitement sain et permettre de mettre des mots sur des maux.

Et puis il dérape : « … Accueillir ses émotions », « … améliorer son bien-être au travail », et finalement « transformer le stress en levier positif ».

Quand l’esprit libéral de la performance à tout prix s’insinue même dans la santé préventive on en arrive à ce genre d’invraisemblance : l’injonction à normaliser son stress pour en faire une ressource, en niant ce qu’il est réellement pour le ramener à une simple émotion. Ce n’est alors plus un état de santé, mais un ressenti et donc soumis à caution.

« C’est peut-être toi qui te stress tout seul face à cette date de rendu de développement intenable, non ? »  Ce n’est plus l’environnement de travail et l’encadrement qui sont stressants, mais l’individu qui ne sait pas se gérer face aux conditions de travail qui lui sont imposées.

Pas convaincus ? C’est parce que vous n’avez pas suivi la semaine du bien-être au travail en décembre dernier, sinon vous auriez « Breathe, Believe, Balance ». Vous auriez participé, vous seriez peut-être parmi les trois employés ayant gagné le « Mental Wellbeing Challenge ». Vous êtes jaloux ? Un bien mauvais sentiment la jalousie, et les sentiments, on l’a dit, ça fait du mal au bien-être.

Plus sérieusement, dans un contexte de PSE (intra Atos), de monde à la dérive (extra Atos), c’est un discours nuisible qui met encore et encore, envers et contre tout, la recherche de la performance au cœur de toute activité.

Ce que nous disent ces deux initiatives, c’est que le profit et la rentabilité ignorent totalement la santé des salariés : on le savait, mais ça empire ! A la CGT, nous soulignons que les conditions de travail sont essentiellement à la main de l’employeur. Si celles-ci se dégradent, il est de son devoir, légalement, de faire le nécessaire pour garantir la sécurité et la santé des salariés.

On ne peut pas tenir le discours que « sans moi pas de boulot » et fournir ce boulot sans les conditions minimales et correctes pour qu’il soit exercé. Nous réclamons encore et toujours un vrai plan de prévention des Risques Sociaux Psychologiques au sein de la société alors que le précédent est caduc depuis plusieurs années.

En filigrane, l’inacceptable discours est donc que c’est nous, salariés, qui sommes inadaptés aux conditions de travail si elles nous apportent du stress.