Interchantier débile chez Atos France

Débile en étymologie signifie faible , on précise pour certains qui penseraient à mal !
La direction annonce un taux de 5,9 % des salariés en intermission sur Atos-Eviden France.
En creux on a donc un TACE (taux d’activité congés exclus) de 94,1 %. C’est un taux très élevé, 90% étant la référence en ESN (entreprise de service numérique). Car plus on s’approche des 100%, moins on peut faire de formations, d’avant-ventes, et assurer de nouvelles activités !

Aussi, la direction emploie le terme « intercontrat » (ou bench en anglais), histoire de vous culpabiliser.
Or votre contrat de travail Atos ne s’arrête pas lorsque vous n’êtes plus en clientèle ! C’est de l’intermission et c’est bien l’employeur qui a la charge de trouver une activité, et non vous, comme le disent quelques managers zélés… En France, quelques particularités :

  • Il y a 24 % d’intermission chez Smartplaforms.
    La raison principale en est le manque de clients Saleforces. On sait comment la nouvelle direction résout cet indicateur : par un Plan de licenciement (PSE) qui est en cours…
  • 13,3 % d’intermission pour le consulting, cependant c’est logique. Les consultants sont assujettis à des recherches/innovations non directement facturables. Un TACE de 87,7% est déjà très appréciable. Avant 2021 (et la chute d’Atos), il était admis une référence de 70 % de TACE.
  • 12,5 % d’intermission pour les activités DATA & IA. Pourquoi ce chiffre puisque que c’est une activité différenciante qui est le centre de la stratégie du plan Genesis ? Il semble que les clients manquent d’enthousiasme pour Atos sur ces domaines…

En final, on ne peut être à zéro en intermission dans une ESN sous peine d’être en incapacité de gagner et de produire de nouvelles activités (toute ressemblance avec la décroissance actuelle du chiffre d’affaires ne serait pas fortuite !). La direction ne regarde maintenant que le taux de facturation, ce qui stigmatise d’autant les fonctions managériales et supports, sur lesquelles un Plan de licenciement est en cours. Ce taux très élevé impacte négativement à court/moyen terme la dynamique de croissance des activités. Ils sont devenus fous (ou paniqués !) à la direction !

 

Avantix, un petit village gaulois militarisé

Dans la série big bang Atos, la gouvernance continue sa politique de cessions (Ecoact, Worldgrid, HPC, Bull SAS, to be continued…) et de restructuration juridique des sociétés du groupe.

Les élus du CSE de l’UES Eviden ont été informés et consultés en septembre sur le transfert des salariés MCS (Mission Critical Systems) rattachés à la société Eviden France vers la société (entité juridique) Avantix.  Ce projet concerne 100 salariés Eviden France, dont 64 rattachés à Six-Fours, 22 à Bezons, 13 à Toulouse et 1 à Rennes. En même temps, la société de produits cybersécurité Trustway qui comprend 66 salariés Bull SAS, subira le même mouvement.

Ce transfert de raisons juridiques interviendrait au plus tôt au 1er janvier 2026 pour constituer une société Avantix spécialisée dans le domaine de la Défense qui comprendra à terme 600 salariés.

Les représentants du CSE alertent sur les dangers suivants :

  • Les salariés sous convention collective Syntec devront basculer vers la convention Métallurgie. Cependant, les expériences précédentes négatives chez Atos ont démontré une cotation
    arbitraire de transfert et très généralement dévalorisante pour les salariés.
  • Le CSE demande que les salariés soient informés au plus vite sur les impacts de ces transferts, et sur les différentiels entre Eviden France, Trustway et Avantix.
  • Avantix intègrera un grand nombre de salariés de différentes filiales. Il existe un risque important de cession de l’entité juridique Avantix à terme. Ce projet existe déjà depuis 2024 quand l’Etat a souhaité préserver les activités sensibles d’Atos (Worldgrid (énergie) a été vendu à Alten fin 2024, HPC (supercalculateurs) à l’APE prévu début 2026, et pour Avantix, la cession est « suspendue » (terme du document d’enregistrement universel Atos).

In fine, vos représentants en CSE considèrent que l’ensemble des impacts sociaux de ces modifications juridiques pour quelque 200 salariés est imprécis, et ont émis un avis négatif sur une telle opération.