En mai 2025 – il y a plus d’un an ! – la CGT avait porté en CSE une alerte économique après l’annonce du plan Genesis par le PDG d’Atos.

L’expert indépendant nommé par le CSE a dû batailler avec diplomatie pour obtenir des informations de droit et donc la direction a fait obstruction.

Bref, le rapport nous arrive et voici les caractéristiques les plus saillantes – sans chiffres économiques qui ne soient pas publics. Notre expert écrit :

  • Le point qui mérite d’être salué est celui d’une diminution forte de la consommation de trésorerie en 2025. Pour autant, rien n’est encore réglé dans la mesure où le niveau de profitabilité reste trop faible, tandis que la croissance ne repart toujours pas.
  • Le nettoyage des contrats les moins rentables et le désengagement d’une série de pays n’aident pas.
  • Il convient d’ajouter que les salariés du groupe ont déjà payé un lourd tribut et que ce n’est pas fini compte tenu des restructurations passées et à venir. Les effectifs du groupe ont diminué de moitié en l’espace de 4 années.
  • Contrairement à des acteurs concurrents qui n’ont cessé de croître, la trajectoire d’Atos a été déclinante. Mais surtout tous les concurrents affichent des taux de profit bien supérieurs à 10%…

L’analyse de la CGT est la suivante :

  • La nouvelle gouvernance se targue d’une marge opérationnelle de 4,4% en 2025, elle a doublé par rapport à 2024. Mais ce qui n’est pas dit, c’est qu’on retrouve en fait le même niveau qu’en 2023 !
    Ce n’est donc pas un exploit .
  • D’autant qu’en 2 ans, la direction a éjecté 25000 salariés ! La CGT alerte sur la diminution drastique du groupe et un chiffre d’affaires en diminution de 10 à 8 milliards en 1 an. Et qu’en fin de compte la marge augmente sur le dos des ex-salariés ! Le directeur financier interrogé en séance sur ce fait reste impassible : « il est normal que les effectifs diminuent lorsque le chiffre d’affaires diminue ».
    Il ne dit pas où cela va s’arrêter !
  • La CGT fait remarquer que le goodwill – cela correspond à la survaleur que l’entreprise accepte
    de payer pour en acheter une autre – a diminué de 93 % entre 2020 et 2025. De quoi s’agit-il ?
    On parle d’inscription en comptabilité de 6 milliards € de goodwill qui se retrouvent actuellement
    à 400 millions ! Un échange surréaliste a lieu alors avec le directeur financier .
    La CGT : « Trouvez-vous normal que le groupe ait perdu 93% de goodwill – la surévaluation
    financière des sociétés achetées ?
    » Le directeur se lance dans un cours condescendant :
    « Le goodwill peut être déprécié mais aussi réapprécié… ».
    La CGT : « D’accord mais se tromper à 93 % ! »
    Le directeur : « Oui ça peut arriver, ce n’est pas choquant ».

Ce n’est pas comme si ces gens étaient payés une fortune pour la qualité et la faillibilité de leur travail. Essayez de dire sur un projet que vous vous êtes trompés à 93% sur les coûts et les délais de livraison… Si cela arrive, vous pourrez toujours prétendre que vous ne faites qu’imiter les financiers de l’entreprise ! »