Quel bel imbroglio créé par la direction avec des retombées jusqu’à l’Assemblée nationale !

  • En septembre 2025, est présenté en CSE un projet de transfert de salariés Mission Critical System Eviden vers Avantix, société du groupe spécialisée dans la Défense. Le besoin est demandé par la DGA pour une exigence de regroupement des activités Défense.
  • Des changements sont importants pour les salariés vis-à-vis de leurs statuts sociaux et changement de convention collective. L’opération est annoncée pour janvier 2026.
  • En janvier 2026, Le projet de transfert vers Avantix est suspendu : Une réunion avec la direction locale de Aix/Six-Fours est organisée pour les salariés inquiets.
    La raison invoquée est une clause juridique contenue dans l’accord avec les créanciers propriétaires d’Atos. En CSE du 18 février, suite à l’interrogation de la CGT, le directeur des affaires sociales répond verbatim : « Eviden France a pris des engagements auprès des créanciers, ce qui ne permet pas de réaliser certaines opérations. En d’autres termes, le transfert d’activité d’Eviden France vers Avantix contrevient au plan de refinancement. »
  • En fév. 2026, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’intervention des fonds spéculatifs en France, interroge sur le sujet : la CGT, un ex-ministre de l’économie, le PDG Atos, et le directeur de la DGA (Direction Générale de l’Armement)… Le ministre de l’économie actuel déclare que « Les activités sensibles Atos ont vocation à être cédées ». L’affaire Avantix fait grand bruit au sommet de l’Etat…
  • Au CSE du 18 Juin 2026 CSE, coup de théâtre : La directrice juridique corporate explique que tout ceci est un malentendu ! Elle prend la responsabilité – c’est tout à son honneur – de l’arrêt de la réorganisation du pôle défense Avantix car elle devait s’assurer qu’il n’existait pas de contraintes vis-à-vis des engagements contractuels avec les créanciers.
    S’ensuivent des détails techniques juridico-financiers : La dette Atos n’est constituée que d’acteurs professionnels, qu’il n’y a pas de document obligatoire à publier puisque ce sont des créanciers sur des marchés non réglementés. Ce fut donc « confusing» dit-elle, et insiste : « il n’y a pas vocation à rendre public dans sa totalité les accords d’Atos avec les financiers ».

A la question de la CGT : « entre septembre 2025 et juin 2026, il y a 9 mois sans aucune communication de rectification de la direction, comment expliquez-vous cela ? » 
Réponse droite de la juriste : « Il fallait le temps de vérifier ! ».

Et en final, hormis la cacophonie, la confusion, le silence, les effets de bords politiques et médiatiques, l’inquiétude des salariés (quand même !), la direction annonce que les opérations de transfert des sociétés Cosmian, Trusway et des salariés MCS Eviden vont pouvoir reprendre… Tout ça n’est pas rassurant sur la fiabilité de gouvernance et la transparence sur les créanciers…

A voir :

Enquête à l’Assemblée nationale lien vidéo sur l’interview de la CGT le 17 avril 2026 :

https://videos.assemblee-nationale.fr/video.18707039_69e1d89ba0966.predation-des-capacites-productives-francaises-par-les-fonds-speculatifs–representants-de-salaries-17-avril-2026

Rapport d’enquête de l’Assemblée nationale sur les fonds spéculatifs, 232 pages dont 10
consacrées à Atos :
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cefonspe/l17b2903-ti_rapport-enquete.pdf