C’est une histoire sérieuse traitée confusément au mieux, cyniquement au pire. En juillet 2024, sur un nouveau grand projet d’Echirolles de quelque 140 salariés et une quarantaine de sous-traitants, le médecin du travail alerte la direction Eviden sur des sur-stress évidents.

Ça commence plutôt bien : la RH régionale informe les représentants du personnel et en commission de santé et sécurité (CSSCT), il est convenu de travailler avec la direction en lançant une enquête RPS (Risque Psycho-Sociaux).
Vos représentants sont même associés au questionnaire type INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) de 30 questions envoyées au projet.
Il y a eu 108 répondants sur 140 envois, c’est exceptionnel comme taux de retour qui normalement avoisine plutôt les 25%. Ceci est surement dû au travail méritant de l’infirmière du site qui a mobilisé les salariés à répondre.

A la première réunion de travail ça commence à déraper. Personne ne s’entend sur son rôle.
Il a fallu de vertes explications pour s’apercevoir que :

  • La direction ne voulait pas d’une enquête conjointe avec la CSSCT sous prétexte que le déclencheur était le médecin du travail.
  • Ce dernier estime que c’est une enquête employeur et souhaite bien volontiers participer comme expert médical mais pas qu’on lui confie l’analyse des questionnaires !
  • La direction campe sur ses positions en repoussant l’enquête vers la médecine du travail.
  • Les représentants du personnel exige une enquête paritaire conjointe objective…
  • Et cela se termine par un DGI (danger grave et imminent) déclaré par les représentants du
    personnel, où là l’enquête paritaire est obligatoire !

Il faut reconnaitre à la direction des affaires sociales, qui a repris le dossier en urgence, des propositions positives comme confier l’analyse des enquêtes à un cabinet indépendant et aussi d’admettre ce que dit la loi et la CSSCT : tout travailleur est sous la responsabilité du site où il travaille, et donc cela inclut les sous-traitants qu’il faut aussi questionner.

On n’en est pas sortie d’affaire pour autant : la direction est prête à payer un cabinet d’expert mais sous ses directives alors que la CSSCT ne lâche pas et ne lâchera pas une enquête objective conjointe.

Là-dessus on complique les choses : ce grand projet fait partie du périmètre WorldGrid vendu à Alten et vos représentants ne pourront plus défendre les salariés sur le projet à partir du 1er décembre.

Parce qu’en final de quoi parle-t-on ? Il y a actuellement un projet de 200 personnes qui souffre de chaos et de pressions tels qu’elles sont en sur-stress. Et 4 mois après l’alerte importante d’un médecin du travail, la direction ne sait toujours pas annoncer un planning d’analyses et encore moins un plan complet d’actions…

Le management a bien sûr déjà réagi et a commencé à mettre en place plusieurs initiatives. Vous savez comme des sparadraps sur des fuites d’eau…

La CGT le répète : le travail ne doit pas provoquer des risques sur la santé, et en cela ne fait que reprendre le texte de loi !