Le patronat de la branche Syntec propose de négocier en contrepartie du télétravail de nouvelles dispositions concernant le temps de travail. Objectif : intensifier le travail en rallongeant sa durée. Cela ressemble fort à une énième revendication exprimée par Syntec Conseil à l’attention des présidentiables ! Ce sont les salariés qui vont encore trinquer. Ces dispositions s’adresseraient uniquement à ceux pour qui le télétravail représente au moins 10% du temps de travail. Pour un temps plein, c’est environ 16h, donc deux jours de télétravail par mois. Autant dire que les dispositions vont s’appliquer à tous les salariés. Cette tentative ratée il y a quelques années ressurgit comme un serpent de mer.

Un forfait jour étendu pour les cadres

Ainsi, le forfait jour ne nécessiterait plus une classification 3.1 et la condition d’être à 120% de sa catégorie. Il deviendrait possible à partir du coefficient 2.1 et la condition d’être à 120% du minimum conventionnel de sa catégorie.

Autrement dit, les salariés classé 2.1 pourront être en forfait jour si leur rémunération atteint 2 873,76 €. Auparavant, en 3.1 il fallait gagner 4 013,61 €… Syntec et Cinov proposent, ni plus, ni moins, de généraliser le forfait jour à presque tous les cadres et la possibilité de travailler jusqu’à 13h par jour sur 218 jours ! C’est un moyen de contourner légalement les 35h, pour une rémunération ne correspondant en rien aux qualifications, aux besoins et aux responsabilités des salariés. Le patronat a choisi d’intensifier le travail quitte à ce que les salariés n’aient plus de vie personnelle et voient leur santé se détériorer. Il ne faudra pas compter sur la CGT !

Le forfait horaire annuel

Le patronat propose une nouvelle modalité de temps de travail, toujours pour les salariés dont le télétravail représenterait au moins 10% de leur temps de travail. Il s’agit, en théorie seulement, de simplifier la gestion administrative de la paye en prévoyant systématiquement un nombre d’heures supplémentaires (majorées de 25%) accomplies de façon régulière par le salarié. Cela devrait faire l’objet d’un accord collectif. La proposition, sur la base d’un contrat à 1607 heures annuelles (35h par semaine), contient deux volets: un forfait annuel à 1767 heures (1607 + 160) ou 38h30 par semaine, et un à 1927 heures (1607 + 320) ou 42h par semaine.

Nous sommes en présence d’une intensification du travail et d’un contournement « légal » des 35h. Nous allons donc nous battre pour que ce genre de dispositions ne s’applique pas. En effet, s’il y avait un accord, les conditions de travail seraient encore dégradées avec une hausse de la fatigue, un impact négatif sur le bien-être, une accentuation de la charge mentale, et donc une dégradation de la santé.

Tous ces éléments ne peuvent qu’avoir des effets nuisibles sur les situations familiales et personnelles.
Ne subissez pas, soyez combatifs contre la dégradation de vos conditions de travail, soutenez la CGT !