La direction n’a pas apparemment pas mieux à faire dans la situation actuelle du groupe que de changer l’échelle de notation des performances des salariés. Il paraît que c’est dans un souci de simplification. Jugez vous-mêmes…
Les entretiens semestriels disparaissent, remplacés par un cycle annuel d’évaluation et de « feedback » continu. L’évaluation du « potentiel » du salarié est supprimée, de même que les notes par objectifs, remplacées par une note unique décidée par le manager. Avant, on faisait un savant calcul par objectif et puis le manager mettait la note qu’il voulait. Maintenant il mettra directement la note qu’il veut. Simplification !
Cette note sera dorénavant sur une échelle de 1 à 4 contre 1 à 6 actuellement. De toutes façons, comme elle sera fixée « au feeling » par le manager, qu’elle soit sur 4, 8, 12 ou 48 niveaux, elle restera avant tout arbitraire…
Note arbitraire donc mais résultant, dit la direction, d’un « cycle continu de management de la performance ». Et là, ça devient moins simple ! La direction, hélas, découvre les outils collaboratifs. Et c’est en mettant un outil Atos supplémentaire qu’elle ambitionne d’instaurer un dialogue continu, quand on aurait surtout besoin de plus d’échanges réels et humains, entre les personnes.
Et alors, comment ça marche ? Hé bien il s’agira pour les salariés d’enregistrer en continu des activités, des réalisations, puis de faire des retours d’information multicanaux, donner et recevoir du feedback, le relier aux activités ou aux réalisations, et relier les réalisations aux objectifs… Notez que les « retours d’informations multicanaux » cela veut dire que tous le monde donne et reçoit des évaluations de tout le monde. Tout le monde note chacun, au risque d’effets de meute, de bouc émissaire, d’amplification de rumeurs diverses ou au contraire de petits arrangements entre amis. C’est pas LinkedIn c’est Blackmirror…
Avec tout ça, dit la direction, la performance continue reflètera toutes les activités, réalisations et commentaires relatifs aux objectifs. Le progrès fait rage…
« Mais quand est-ce qu’on travaille ? », objectent les élus, parce que ça va en prendre du temps, de faire tout ça ! Réponse de la direction : pas du tout, on pourra n’utiliser l’outil qu’une fois par an. Ah bon ? Mais alors ce n’est plus de l’évaluation continue !
Bref, allez comprendre… Ce qui est sûr c’est que la direction, qui dans sa réorganisation ne cesse de parler de pragmatisme et de simplification, semble perdre les pédales ces derniers temps.






