Les finances sont exsangues, les plans « stratégiques » inconséquents, Atos risque la ventilation façon puzzle…Et les commentateurs d’interpréter qui va récupérer quoi : Digital à l’un, BDS à l’autre, le cloud à un troisième, l’infogérance déjà donnée pour morte, etc…Nos dirigeants auront in fine une réussite à leur palmarès : celui d’être fossoyeur d’Atos. L’Etat a déclaré ne pas vouloir intervenir dans le dossier Atos, ni pour nationaliser ni pour participer financièrement et renflouer l’entreprise. C’est donc la condamner à être dépecée par lambeaux tant la dette est maintenant critique. La vente par appartement a commencé depuis plus d’un an, sans aucun résultat, les comptes s’enfoncent dans le rouge…

La CGT a pourtant alerté très tôt sur ces plans aberrants détruisant le groupe et les conséquences sur l’emploi et nos droits Elle en a fait la démonstration dans ses précédents articles : Atos n’est pas un fournisseur de prestations informatiques comme les autres avec les activités de défense, des supercalculateurs, les services auprès des opérateurs vitaux (énergie, télécoms, etc.), et les nombreux logiciels/données d’usage publics et parapublics. L’Etat aurait donc de bonnes raisons de soutenir notre entreprise qui pourrait très vite redevenir profitable, comme ses homologues sur le marché des ESN, le secteur étant très rentable. Pour ça, il faut se débarrasser d’une caste dirigeante ayant prouvée son incompétence !

Il faut aussi se débarrasser des poncifs rapides et faciles :

  • TFCo – la moitié de l’entreprise mondiale – est qualifié d’activité d’infogérance, qui on le rappelle à fait vivre le groupe pendant des décennies… Or pour la France, l’infogérance est minoritaire : à 70%, les 5 500 salariés de TFCo travaillent pour des activités de Technical Services en proximité des clients et des ministères. Et cette activité est alignée sur les standards de rentabilité du marché.
  • Parmi cette activité TS, une part importante (30%) est consacrée aux services publics. Qui seraient donc vendus à une holding financière tchèque basé au Luxembourg… Sans oublier les données sensibles associées gérées par, justement, l’infogérance !
  • On arrive donc à l’interdépendance des activités, sujet que le groupe Atos adresse globalement puisque c’est la seule entreprise européenne qui couvre l’ensemble des productions IT : de la construction des calculateurs jusqu’au consulting, en passant par l’intégration et l’infogérance. Or ces activités s’appuient les unes sur les autres, il n’y a pas d’infogérance sans cybersécurité, de digital sans clients régionaux, de projets cloud sans expertise métier… Et alors apparait l’ineptie de morceler techniquement les activités…

Personne n’évoque l’absurdité du découpage financier : quand l’Etat prétend que les activités de supercalculateurs ou ce qui est « absolument stratégique » seront protégés, c’est oublier la nature même de ces productions. Par exemple l’activité de construction de machine Exascale n’est pas continue et dépend de commandes cycliques. Ce qui implique des rentabilités sur des périodes de plusieurs années. Il faut donc que cette activité soit adossée à un grand groupe qui permet le financement continu. C’est vrai aussi pour les activités militaires – et d’autres ! – qui ne sont pas immédiatement à l’équilibre tant il faut d’investissement et de R&D. Et c’est là qu’apparait l’évidence et la pertinence de l’unicité du groupe. Découper Atos, c’est mettre en péril TOUTES les activités !

Les ventes actuelles de morceaux d’Atos sont aberrantes techniquement, commercialement, financièrement, mais surtout – la CGT insiste – humainement. Car les activités ne fonctionnent que par l’implication et le savoir-faire des techniciens et des ingénieurs. Démanteler le groupe, c’est perdre de la compétence, faire fuir les nouvelles recrues (ça s’est déjà fait en partie…), et aussi menacer les emplois !

La CGT rappelle ses axes pour sauvegarder Atos : unicité du groupe pour garantir la continuité des activités et assainissement des finances avec l’intervention de l’Etat pour restaurer la confiance. Et bien sur, changement complet de la gouvernance pour éradiquer les fautes passées et actuelles !