La « main invisible des marchés », cette vieille lune conceptuelle qui prône l’autorégulation naturelle par la loi de la jungle, existerait-elle ? On continuera d’en douter. Mais nul doute que la main des marchés – car c’est bien elle – a collé ces dernières années une belle baffe aux élucubrations stratégico-boursières de la direction et des dispendieux conseillers qui sévissaient chez Atos .

Pour autant, ce ne sont pas les marchés mais bien ces calamiteux décideurs qui sont comptables du désastre. Et on ne peut que saluer le constat de la direction nouvellement aux commandes : « si on en est arrivé à la situation actuelle d’Atos, ce n’est pas dû à une force occulte extérieure… ». Tiens donc !

En tout cas, l’heure est maintenant à la réunification d’Atos et d’Eviden. Le mot d’ordre a été décliné sur tous les tons dans l’intervention de Franck Chartier sur l’actualité du groupe.

L’existence de TS n’est pas remise en cause, mais l’entité devra cesser de fonctionner de façon autonome pour devenir une force contributive en support et en coordination avec les lignes d’activités. Organisées par «Industries», elles porteront la majorité des comptes clients et leurs forces commerciales recevront le support de celles de TS. Le commissionnement est en réflexion …

La direction veut d’abord, « casser les silos ». Pour le dire plus clairement : il faudra perdre les mauvaises habitudes avant de donner davantage d’autonomie au management local. Le point central de l’effort, explique Franck Chartier, doit maintenant porter sur le développement commercial.

Retour au travail d’équipe : pour la direction, le télétravail à outrance a été très préjudiciable à la transmission des compétences et aux remontées du terrain. Elle sera dorénavant attentive au respect de l’accord télétravail et des limites qu’il pose. On ne construit pas un esprit d’équipe, dit-elle, avec des personnes éparpillées géographiquement et qui ne se parlent que par Teams.

L’offshore est regardé comme une obligation pour rester dans la course aux coûts de production. Les élus pointent le danger sur certains métiers. La direction considère qu’il n’y a pas de menace sur l’emploi; des mutations sont inévitables et le groupe doit les anticiper.

La CGT le rappelle : il faudrait commencer par se doter d’une Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP) digne de ce nom ! La direction a la main, on espère qu’elle n’a pas un poil dedans…