L’Assemblée nationale a lancé une Commission d’enquête sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs, composée de 25 députés dont la rapporteure Aurélie Trouvé qui a souhaité restituer auprès des salariés des entreprises auditionnées (dont Atos) le résultat des travaux sur le sujet. La CGT Atos a ainsi organisé le 30 juin 2026, à Paris la Défense, une conférence avec la députée : une centaine de salariés Atos étaient présents et ont participé au débat.

Atos a la particularité d’être dirigé et d’intégrer dans son conseil d’administration des personnalités et haut-fonctionnaires de l’Etat :

– Thierry Breton, ancien ministre de l’Economie, fut PDG de 2008 à 2019, avant d’être nommé commissaire européen.

– Edouard Philippe, ancien premier ministre fut au CA de 2022 à 2023,

– Actuellement Laurent Collet-Billon, ancien directeur de la Direction Générale de l’Armement est administrateur du groupe Atos.

Une des conséquences pour Atos France est que 80% de ses activités sont en secteur public  (source direction Eviden France fin 2024). Le PDG P. Salle, en audition à l’Assemble nationale le 17 avril 2026, a déclaré que ce n’était que 40% en oubliant d’inclure le parapublic et les opérateurs vitaux. L’Etat français est donc le premier client d’Atos en France, il existe une grande interpénétration entre anciens ministres, hauts fonctionnaires, experts de l’Etat qui sont engagés par le groupe.

La rapporteuse a interpellé l’ancien ministre de l’économie B. Le Maire sur ce pantouflage (quitter le service de l’État pour travailler pour une entreprise privée) qui s‘est fâché tant il n’a pas apprécié la question qui reste taboue.

Autrement dit, nous citoyens, finançons des budgets d’Etat destinés à des grands groupes comme Atos, dirigé par un mixte d’anciens haut-fonctionnaires et financiers, qui ont mis et mettent l’entreprise en péril par une gouvernance axée sur le remboursement des créanciers, eux-mêmes étant des fonds spéculatifs étrangers !

A la question de la CGT en CSE de juin, la directrice juridique expliquait que les créanciers Atos étaient des fonds professionnels hors marché réglementé et que, par conséquent, aucune documentation bancaire n’était obligatoire… Cette opacité est de fait sur Atos qui fournit pourtant majoritairement les services numériques de l’Etat français !

Le plus étonnant, c’est que les auditionnés des services de l’Etat (Bercy, Industrie, BPI, DGA…) considèrent que les activités numériques pour la population ne sont pas stratégiques ! La carte vitale, CNAM, CAF, France Connect, Impôts.gouv, Dossier Médical Partagé, etc., ne sont pas évaluées comme des actifs nécessaires et vitaux à la population !

C’est ce que démontre et précise la rapporteuse :

 « Ça ne sert à rien de parler d’une souveraineté numérique quand vous dépecez une grande entreprise  comme Atos et que vous la livrez à des fonds spéculatifs étrangers, c’est pourtant le cas aujourd’hui. »