Le point de situation sur les contrats infrastructure (C&MI) confirme un mouvement de fond que l’on pressentait depuis des années.
Pour conserver les clients existants il faut dorénavant répondre à des exigences massives de baisses de coûts, parfois jusqu’à –50% à périmètre égal. Et la pression à la baisse est bien entendu identique pour espérer emporter de nouvelles affaires.
Sans surprise, la solution adoptée est à chaque fois le recours massif à la délocalisation des emplois (en jargon patronal, on dit « offshore », voire « nearshore » comme si c’était rassurant quand c’est plus proche…), ceci afin de réduire drastiquement la masse salariale.
Mais c’est un calcul biaisé, car il occulte les coûts indirects résultant de la mise sur la touche des équipes en France (jusqu’à 80% de l’effectif C&MI à terme selon les estimations de la direction). La nécessité d’une reconversion massive de ces équipes avait déjà été identifiée et quantifiée en 2022 à l’occasion de la négociation sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Et depuis, que croyez-vous qu’il arriva ? RIEN ! Quatre ans plus tard, le risque sur l’emploi dont l’impact aurait dû être anticipé est donc devenu réalité.
D’un côté de la balance les économies de masse salariale, de l’autre côté les coûts de salariés dorénavant réduits à l’inaction, avec pour horizon la reconversion au pas de charge qui est souvent source d’échec et prétexte à licenciement pour insuffisance professionnelle, ou en bout de course le plan social pour aller se faire voir ailleurs. Le cynisme, hélas, n’est pas pesé dans la balance…
Une nouvelle négociation sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP, nouvel avatar de la GPEC) vient de s’ouvrir. La CGT attend de la direction des mesures d’ampleur, volontaristes et concrètes, pour garantir le maintien dans l’emploi des salariés et tout particulièrement celui de ces équipes. Mieux vaut tard que jamais…






