La Direction Cyber d’Eviden a présenté au CSE les résultats 2024 de la nouvelle Business Line Cyber Services (CYS) ainsi que ses perspectives pour 2025.
En théorie, cette nouvelle entité s’inscrit dans la stratégie « OneAtos », visant à regrouper l’ensemble des compétences cyber du Groupe.
En pratique… on est loin de la clarté et de la vision structurée qu’on pourrait attendre dans un domaine aussi critique que la cybersécurité.
2024 : Une belle année… à oublier ?
L’année 2024 a été marquée par un contrat extrêmement lucratif pour les Jeux Olympiques, représentant à lui seul 15 à 20% du chiffre d’affaires.
Mais ce contrat n’existe plus en 2025. Autrement dit : gros coup d’accélérateur… suivi d’un coup de frein sec.
Et la suite ?
- L’objectif annoncé est une croissance de 20% des prises de commandes.
- Mais le chiffre d’affaires 2025 sera au mieux maintenu, voire en baisse.
- 2025 est qualifiée d’année blanche : pas de croissance, pas de relais immédiat au contrat JO, et peu de réponses sur la stratégie.
Une stratégie Cyber ou un patchwork ? On nous parle d’un regroupement Cyber dans la nouvelle BL CYS pour adresser le marché avec plus de cohérence.
Mais… plusieurs points d’ombre subsistent : Quels sont les périmètres exacts concernés ?
- Les activités « produits cyber » sont intégrées dans les offres.
- Mais les « services cyber » ne sont pas dans le périmètre vente.
- Le sort des entités internationales, des personnels de support, des sites n’est pas précisé.
La direction se veut rassurante :
« Pas de changement sur les contrats de travail, ni sur l’implantation géographique. Toute évolution de fonction fera l’objet d’un accompagnement individuel. »
Pourtant, le flou sur les périmètres reste entier. Et on a bien appris que l’absence de projet de vente aujourd’hui… n’en exclut pas demain.
Des phrases pleines de bon sens, mais toujours sans plan
Lors de la présentation, la Direction a aligné plusieurs évidences dignes de café du commerce :
o « Quand on fait de la cybersécurité, il faut respecter les normes de l’ANSSI. »
o « Pour vendre, il faut faire de l’avant-vente. »
o « Il faut suivre le marché. »
o « Il faut former les salariés. »
o « Il faut rester profitables… (mais on n’a pas de chiffres sur l’OM prévu). »
Des aphorismes, oui. Une stratégie claire, non.
OneAtos : des exemples, mais pas de vision globale. La Direction cite comme exemple de synergie Atos/Eviden le contrat EDF CyberPack, récemment remporté.
Les équipes des deux entités auraient collaboré sur ce projet, preuve selon elle de la pertinence de la dynamique OneAtos.
Mais un exemple ne fait pas une stratégie.
Il n’existe à ce jour aucune présentation d’ensemble sur ce que veut dire OneAtos pour la cybersécurité.
Demande des élus CGT et intersyndicaux : Une information-consultation complète sur l’organisation Cyber à l’échelle du groupe et la manière dont la stratégie OneAtos impacte les salariés.
Une taille critique ? Vraiment ? La Direction se félicite : la BL Cyber Services serait le 3e acteur du marché français.
Mais… on ne sait pas trop selon quel classement ni quelle source. Et malgré la croissance affichée, la Business Line compte déjà 4% de salariés sur le bench : un chiffre modeste, mais à surveiller de près.
En résumé :
✅ 2024 a brillé… grâce aux JO.
❌ 2025 s’annonce comme une année sans relief, avec une baisse d’activité prévue.
🤯 La stratégie globale OneAtos n’est toujours pas clarifiée.
🔍 Les périmètres exacts des réorganisations sont flous.
📣 Les salariés ont besoin de transparence, visibilité, et garanties.
Ce que demande la CGT :
- Une vraie information-consultation sur la stratégie Cyber et OneAtos,
- Une présentation précise des périmètres concernés,
- Des engagements sociaux clairs pour tous les salariés de CYS,
- La formation et l’évolution des compétences comme priorité, pas comme vœu pieux.
La cybersécurité mérite mieux qu’un storytelling. Elle exige une vision. Et les salariés aussi.
La CGT – Mobilisée pour l’emploi, la clarté et les droits.






