On connait l’état d’Atos, on est mobilisé depuis le début pour lutter contre ce gâchis. Les  « explications » de la direction sur la dernière annonce « Airbus vs BDS » nous parlent, à nous salariés, du point de vue des actionnaires, des administrateurs, des clients et des banques. Quand nous parlera-t-on de nous, de nos conditions de travail, de notre avenir professionnel, de nos vies en suspens à des décisions qui ne les prennent pas en compte, de la projection dans le futur, des ultimatums dans des négociations forcées au moins disant (santé et mutuelle) ? Comment se projeter au-delà du mois prochain, pour soi mais aussi pour les conséquences sur nos familles ? La communication de la direction c’est « vous devez comprendre mes problèmes car ils sont plus importants que les vôtres ». Vraiment ?

Et pendant ce temps, nous on bosse…

Nous subissons le milieu dans lequel nos dirigeants font évoluer l’entreprise : compétition et individualisme pour se tailler une part (des miettes) du gâteau. Certains parmi nous se sont faits à l’idée que nous étions des ressources alors qu’on nous annonce « le risque d’arriver dans une procédure de sauvegarde ». Si on garde cet état d’esprit et cette approche du monde du travail, nous resterons loin de faire corps pour défendre nos intérêts. On nous glisse au passage qu’avec les JO on va organiser des évènements en équipe pour « se changer les idées » et faire un peu de « team building » !

En attendant, nous on bosse…

Sans client pas de facturation ni de salaire, mais sans nous, « ressources humaines », pas de facturation non plus, il ne faudrait pas l’oublier. Rassurer les clients sous-entend que l’on a des arguments pour le faire, aujourd’hui ce serait plutôt « débrouillez-vous ». Celles et ceux qui vont rester dans l’état d’esprit de se serrer la ceinture, encore, pendant des années, vont assurer la qualité de ce qui sera produit et créer la valeur qui permet à l’entreprise d’être rentable. Les salariés de TFCo qui ont permis le « redressement de l’activité avec 2 ans d’avance » en attendent encore les remerciements.

Et pourtant, ils bossent…

On nous dit ce que l’on sait depuis le début : on va là où le vent nous pousse, on voit les récifs mais ça va aller ! Les capitaines parachutés sur le navire prennent l’un après l’autre les chaloupes de sauvetage (Belmer, 8 millions d’euros, 6 mois d’activité). Quid de l’avance sur rentabilité que les actionnaires ont touchée depuis longtemps via les dividendes (augmentation de 35% au sortir du covid) ? Actionnaires et PDG se posent-ils la question, à cause de la situation d’Atos, de savoir si leurs enfants pourront suivre telle ou telle formation dans les années à venir, s’ils pourront rembourser leurs crédits, faire face à l’inflation ? Se sentent-ils responsables de la situation actuelle par leur voracité financière ?

Nous il faut qu’on bosse…

Maintenant réfléchissons autrement : quelle boîte voulons-nous, nous qui n’avons pas de salaire inféodé à des intérêts de rentabilité, de chiffre d’affaires et de marge, nous qui n’avons cessé de trimer depuis notre embauche chez Atos ? Nous savons nous soutenir dans les moments de pression des projets ou de mission, nous nous formons les uns les autres, nous nous autoorganisons au quotidien pour rendre correctement le service engagé auprès de nos clients, par conscience professionnelle : nous on bosse !

Une crise est une opportunité pour évoluer et faire des changements. Demandons l’arrêt immédiat de cette scission débilitante, faisons cesser les guerres de petits chefs pour enfin créer des vraies offres de bout en bout, toutes forces de travail confondues. Exigeons la valorisation du savoir-faire technique et opérationnel, pas uniquement du management hiérarchique ! Démontons les logiques de perte de proximité des services RH, de formations inexistantes, de transformations des locaux en desk sharing, mortifères et coûteuses.

Faisons nous entendre haut et fort contre les décisions iniques des dirigeants d’Atos,

c’est le seul moyen pour ne pas perdre nos emplois !

Nous on veut continuer à bosser, mais pas n’importe comment ni pour rien !