Atos a la particularité d’être dirigé – et d’intégrer dans son conseil d’administration (CA) – , des personnalités et haut-fonctionnaires de l’Etat :

  • Thierry Breton, ancien ministre de l’Economie, fut PDG de 2008 à 2019.avant d’être nommé commissaire européen.
  • Edouard Philippe, ancien premier ministre fut au CA de 2022 à 2023,
  • Cédric O, ancien secrétaire d’État au Numérique avait postulé comme administrateur Atos mais sa candidature a été retoquée par le Conseil d’Etat afin d’éviter un risque de conflit d’intérêt.
  • Actuellement Laurent Collet-Billon, ancien directeur de la Direction Générale de l’Armement est administrateur du groupe Atos.

Les conséquences pour Atos France sont :

  • La direction Eviden France fin 2024 annonçait 80% de ses activités en secteur public.
  • Le PDG, P. Salle en audition à l’Assemble nationale le 17 avril 2026, déclarait 40% d’activités pour le domaine secteur public mais n’inclut pas le parapublic et les opérateurs vitaux.
  • L’Etat français est donc le premier client d’Atos en France.

Il y a une grande interpénétration chez Atos entre anciens ministres, hauts fonctionnaires, experts de l’Etat et les dirigeants du groupe.

Mme la députée A. Trouvé a interpellé l’ancien ministre de l’Économie B. Le Maire sur ce pantouflage (le passage du service de l’État vers une entreprise privée). La question, manifestement sensible, a suscité sa vive irritation.

Autrement dit, nous, citoyens, finançons des budgets publics qui alimentent de grands groupes comme Atos, dirigés par un mélange d’anciens hauts fonctionnaires et de financiers. Leur gouvernance, prioritairement tournée vers le remboursement des créanciers, principalement des fonds spéculatifs étrangers, a conduit l’entreprise vers une situation de grande fragilité.

A la question de la CGT en CSE de juin, la directrice juridique corporate expliquait que les créanciers Atos étaient des fonds professionnels hors marché réglementé, et par conséquence, aucune documentation bancaire n’est obligée… Cette opacité est de fait sur notre entreprise ESN en France qui fournit majoritairement les services numériques de l’Etat…

Le plus surprenant est que les représentants des services de l’État auditionnés (Bercy, ministère de l’Industrie, BPI, DGA, etc.) ne considèrent pas les services numériques destinés aux citoyens comme des activités stratégiques. Selon cette approche, des infrastructures aussi essentielles que la carte Vitale, la CNAM, la CAF, FranceConnect, Impots.gouv.fr ou le Dossier Médical Partagé ne constitueraient pas des actifs vitaux pour le pays.

C’est ce que démontre et précise Mme Aurélie Trouvé : « Ça ne sert à rien de nous parler d’une souveraineté numérique quand vous dépecez une grande entreprise numérique de France comme Atos et que vous la livrez à des fonds spéculatifs étrangers, et c’est le cas aujourd’hui. »