La CGT souhaite la bienvenue au nouveau directeur !

La CGT constate des annonces de réduction substantielle d’effectifs de 382 postes de fonctions supports en France qui sont déjà en cours. La déclaration CGT suivante a été lue identiquement devant le nouveau directeur, dans les 2 CSE Atos et Eviden :

En 2025, une nouvelle-nouvelle direction prend la gouvernance du groupe Atos. Sa feuille de route devra nécessairement s’inscrire dans la contrainte d’un plan de restructuration financière de la dette, et obéir aux injonctions des créanciers actionnaires.

Faut-il rappeler le constat à ce jour ? Le mur de dettes reportées à 2029 et, dans l’intervalle, les lourdes échéances annuelles à honorer. Les coûts exorbitants des réorganisations successives, élaborées par une pléthore de cabinets conseils, en stratégie, en droit, en affaires, en RH… dont la presse a révélé toute l’ampleur de la gabegie. Ces réorganisations, toutes avortées ou abandonnées au fil de la valse insensée des dirigeants successifs, les derniers venant de rayer d’un coup de plume la scission du groupe engagée à grand frais par leurs prédécesseurs. Et le dernier business-plan à ce jour, jugé très ambitieux, irréalisable, utopique, tant par les experts auprès des CSE que par les analystes de tous bords de la presse spécialisée ?

Il revient à notre nouvelle-nouvelle direction de clarifier sans délai ses intentions et de les traduire en actes : a-t-elle été mise aux commandes pour esquisser un avenir plausible au groupe Atos, ou juste pour finir l’équarrissage et la vente à la découpe au mieux des intérêts des créanciers ?

Pour le moment, les premiers actes de la direction parlent pour elle et, quels que soient ses objectifs avoués ou cachés, la manière d’y parvenir est déjà annoncée et visible : des réductions massives d’effectifs, par le truchement de plans sociaux dans certains pays, et pour les autres, par la combinaison de non-remplacement des départs et de « mesures individuelles ».

La CGT constate dès à présent et dénonce le caractère abusif que peuvent prendre ces mesures individuelles : des fins de périodes d’essai injustifiées, des pressions plus ou moins insistantes pour susciter des départs plus ou moins négociés et plus ou moins consentis, et si tout cela n’est pas suffisant, des licenciements pour des motifs fallacieux d’inaptitudes professionnelles inventées de toutes pièces, sur la base d’évaluations subjectives et arbitraires, à l’occasion d’entretiens de management de performance dévoyés et sans substance.

Ainsi, la direction engage cyniquement un plan de licenciement majeur eu égard à l’ampleur des réductions d’effectifs prévues, qui a toutes les apparences d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi mais ne s’embarrasse pas des obligations légales que cela implique. La direction, enfin, ne se préoccupe pas davantage d’accompagner les départs en retraite comme pouvait le faire l’accord « contrat de générations » dont Atos s’était doté par le passé.

La CGT n’accepte pas la dimension maintenant systémique des attaques contre les salariés en guise de méthode de management.  La CGT s’opposera, par tous les moyens, aux ruptures conventionnelles bidon, aux inaptitudes professionnelles infondées, aux licenciements relevant de harcèlement, des manipulations et de pressions sur les salariés.

La CGT a exprimé ses attentes le 9 janvier, à l’occasion d’une première rencontre entre le nouveau directeur France et les organisations syndicales :

  • Les salariés, depuis trois ans, ont fait preuve de résilience face à la situation dramatique du Groupe. Il est désormais important que leur implication se transforme en récompense.
    La CGT demande à la direction de faire des Négociations Annuelles Obligatoires 2025 un moment important de la reconnaissance des efforts consentis par tous.
  • La CGT n’accepte pas une politique de ressource humaines qui implique que les salariés deviennent des cibles à éliminer.

Pour la CGT, il n’y a pas de période de grâce, ni d’attente d’une nouvelle stratégie, ni pour l’accueil bienveillant d’une énième nouvelle direction qui inaugure sa gouvernance par des attaques d’une ampleur sans précédent envers les salariés. Cette direction, dans ses premières prises de paroles, insiste très fortement sur la nécessité de restaurer la confiance. Mais il y a loin de la parole aux actes. Aujourd’hui, les actes de la direction, pour ce qu’on en voit, ne peuvent que conduire à la complète défiance de la CGT.