Qui tente de continuer de faire le boulot, malgré le marasme du moral ?

Qui tient, littéralement, coûte que coûte ?

Si cela fut peut-être le cas un temps, les mots brossés dans le sens du poil n’ont plus de sens.

Le discours, maintenant dilué sur plusieurs sites visités, est épuisé. Résilience. Notre capacité à prendre des coups sans ciller a bon dos, mais il suffit. Nous ne sommes plus dans le quoi qu’il en coûte, mais bien dans le qui qu’il en coûte.

Messieurs les directeurs, accepteriez vous, vous, n’importe quelle mission sans en négocier les moyens d’action, en se basant sur la n-ième version d’une feuille de route toujours en brouillon ? On égrène les jours, mois, années, on nomme des décideurs à grands frais et le seul message que ces oracles délivrent est : débrouillez vous, mais sachez que la dette est là.

Mais qui êtes-vous d’autre que les agents de créanciers vautours :

On est sobre et efficace D’un côté, le retour à 80% dans les locaux avec refus des budgets pour tous les améliorer. De l’autre 78 hauts cadres somptueusement relocalisés à La Défense avec un loyer annuel de 538k€ + 800k€ de déménagement.
On a (enfin) un (vrai) plan de remboursement De la vente à la découpe, à la sauvegarde des intérêts financiers et rien d’autre. Worldline a été en son temps un échappatoire financier pour les actionnaires (maintenant rattrapés par des soupçons de marchés sales). Parti net de dette et laissant 4 Milliards à rembourser côté Atos, cela a été le début de la chute organisée. Worldgrid … Cartier … Et par derrière, la réorganisation de « la chaine de détention » avec la délocalisation hors France, histoire de bien pouvoir s’abstenir de respecter la loi, et donc le paiement des salaires en premier en cas de banqueroute.
On mène un  effort solidaire Dénonciation des accords santé-prévoyance pour, une nouvelle fois, culpabiliser un système solidaire et revendiqué comme tel.

Et vous savez quoi ? Quand les salaires n’augmentent pas 7 ans durant,  les cotisations non plus, mais l’inflation ne nous attend pas.

On fait un effort collectif Des NAOs « de reconnaissance de la résilience » proche du 0.
En réalité, en 2024, les personnes rattrapées ont eu 5-7% d’augmentation, mais étrangement 14% pour les GCM de niveau 9 et cela est même indécemment monté à 30% pour les GCM 99 !! On a même entendu :

« Vous êtes plus haut que le SMIC, il faut être raisonnable »
Avec un PDG à 1.2m€/an (x26 du salaire médian), on a de toute évidence pas la même définition du raisonnable.

  Tous dans le même bateau Augmentation de 200% du jeton de présence des 10 membres du Comité de Gouvernance montant cette dépense à 1.5 m€. Dans le détail, cela représente maintenant 150 k€ par personne pour 12 réunions ordinaires par an.
On agit pour l’entreprise Les actionnaires guidés par le comité ont sciemment pris les sous dans la caisse pour « investir dans la crise » (sic), sans regarder la vitesse et le taux de rentabilité réaliste. Ce sont eux qui cherchent également à se renflouer par des magouilles financières, sans préservation de l’activité et sans égard à ce qui fait sens dans nos vies professionnelles. Ce sont encore eux qui ont augmenté leurs dividendes de 25% au sortir du covid.
On met en place une synergie loyale et transparente Les cabinets d’analyse qui nous accompagnent doivent menacer la direction de faire appel à la loi pour que les documents soient fournis (par exemple pour le droit d’alerte économique). Pour la réorganisation des BL, BU et consort, la direction demande si elle peut communiquer en avance … pour ne rien dire.
Six mois de tergiversation à haut niveau pour que l’on soit encore dans le flou organisationnel. Si le management intermédiaire insiste : «débrouillez-vous».
On est égalitaire Il a fallu forcer la direction via un cabinet de conseil pour obtenir des chiffres clairs sur les biais dans les démarches d’égalité pro. Constatant qu’avec les  9m€ investis depuis 2021 dans les rattrapages, la dérive a continué faute, entre autres, d’une volonté de faire changer l’état d’esprit du management.
On sait mesurer les efforts fournis et à faire Un plan d’attrition nous amène à au moins 30% voire 50% de réduction de l’effectif d’ici 2028, sans jamais avoir voulu parler de licenciement économique ou de plan de départ à la retraite anticipée. Dans quel but ? Moins de 4% d’interco en cible ? Et un cadencement mesuré dans le temps des ruptures conventionnelles et autres licenciements pour rester sous les radars légaux. Aucun sens pour Atos, tout pour la finance !
La bonne ambiance Uniquement côté CGT, nous en sommes, depuis le début d’année à plus         de trois accompagnements RC ou convocations par mois. Nous suivons actuellement une dizaine d’enquêtes RPS. Tout le monde (oui tous) exprime une perte de sens dans son travail quotidien et des angoisses sur l’avenir.
Un effort proportionné En 2024, il a été distribué à 15 personnes de GCM 9 et 99 un équivalent de 1.5m€ de bonus de rétention (105k€/personne en moyenne). Nous n’avons pas eu la précision ni sur l’engagement pris pour rester, ni des projets gagnés ou « sauvés » via ces primes distribuées. Pour ces niveaux GCM,               c’est 6x plus qu’en 2022 pour 2,5x moins de personnes concernées.

A la botte des créanciers, vous, une petite centaine de personnes en haut du panier, arguez des efforts à faire par tous les autres, avec gel des salaires, crainte et menace de mise à la porte. Arrivez-vous à vous regarder en face ? Vous accaparez le travail des autres en prenant toutes les précautions pour ne pas chuter au moment critique, sans rien faire pour éviter cette fatalité. Vous êtes la classe de la casse sociale et morale. Vos mots déplacés sur fond de rires « si Atos s’arrête, la France s’arrête », sont d’autant plus graves et révélateurs.

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Atos n’a pas besoin de parasites,
mais d’une vision industrielle et valorisée de notre travail.