Echanges surréalistes à l’occasion du point mensuel de Franck Chartier sur la marche de l’entreprise. Les élus demandent les indicateurs économiques, mais la direction n’a rien à présenter. Navigue-t-elle dans le brouillard ? Le grand timonier est au-dessus de ces contingences bassement matérielles : «Je ne rentre pas dans les chiffres, mon boulot ce n’est pas de présenter les chiffres c’est de faire marcher l’entreprise ». Allez hop, circulez !
Du coup la discussion se poursuit sur le ton café du commerce faute d’éléments factuels, mais avec des propos qui ne manquent pas de piquant :
« C’est compliqué de vous donner des prévisions. On sent qu’il se passe un peu quelque chose ».
« Je suis atterré par la gestion du commerce chez Atos, atterré par le niveau. On n’a pas fait de commerce dans cette entreprise depuis des années, on a fait de la gestion ».
« Il y a un gros nettoyage à faire. On ne peut pas continuer à gérer l’entreprise comme ça. On ne peut pas continuer sur des périmètres qui n’avancent pas ».
« On a 20% de comptes correctement gérés et 80% de comptes en déshérence ».
« TS a perdu 550 personnes en 18 mois, c’est hémorragique, il faut arrêter ça ».
La direction souhaite ramener le taux d’intercontrat de TS vers 3% à 4%. Elle considère que le chiffre d’affaires est trop largement réalisé sur les seuls marchés publics au détriment des secteurs privés et que c’est une anomalie majeure, Les commerciaux, dit-elle, sont insuffisamment spécialisés sur les métiers de nos clients. Contrairement aux équipes en réalisation de services qui manqueraient d’agilité et de flexibilité. Autant dire que pour l’emploi et les conditions de travail, ça risque de tanguer. Suite des propos : « on doit se donner des objectifs de mobilité annuelle, tout le monde doit aller vers de nouvelles missions ».
Et le meilleur pour la fin : « Il ne faut jamais partir du principe que quelque chose fonctionne de manière normale chez Atos ».
La CGT rappelle que les salariés font ce que la direction leur dit. Il serait malvenu de leur en faire supporter les conséquences. On nous explique que le redressement du groupe passe
par un plan de licenciements. En tout cas, pas celui des dirigeants responsables de cette situation, ils sont partis exercer leurs incompétences ailleurs. Comme d’habitude.
Les nouveaux seront ils plus avisés ? Cela reste à prouver.






