La direction a convoqué les élus en réunion extraordinaire pour leur présenter « un projet de réorganisation pouvant entraîner des suppressions de postes ». Il s’agit, dit-elle en introduction, de simplifier. Simplifier la structure, simplifier la gouvernance, simplifier la présence mondiale… attention, vous allez vous faire simplifier !
Et d’ailleurs, elle présente simplement des suppressions de postes. Pas un mot sur une éventuelle réorganisation. Au détour des quelques 1400 pages du dossier, on comprend qu’il s’agit d’abord de supprimer des postes et ensuite de réarranger un peu le travail pour ceux qui restent. Pour le dire simplement, ce serait plutôt un projet de suppression de postes pouvant entraîner une réorganisation des équipes.
La méthode interroge. La direction a organisé depuis des mois le départ à bas bruit de plus de 800 salariés. Licenciements, ruptures conventionnelles, incitations à la démission, tous les moyens sont bons, sans prendre de gants. Mais après avoir balancé des salariés à la pelle, voilà qu’elle sort le grand jeu pour une petite cuillérée supplémentaire, 135 salariés pour être exact. Non pas que ce soit rien, bien au contraire, mais surprise, cette fois la direction enclenche un PSE (c’est-à-dire un Plan de Sauvegarde de l’Emploi, euphémisme maintenant consacré pour désigner ce qui s’appelait précédemment un plan de licenciement).
La méthode interroge encore, lorsque la direction adresse un communiqué aux milliers de salariés d’Atos France pour leur annoncer son projet. Comme ça au moins tout le monde flippe en attendant d’en savoir plus. Bravo la comm !
La méthode interroge enfin quand la direction, le lendemain de cette annonce, informe les élus de son intention de traiter en réunion du CSE un sujet qu’elle aurait oublié (sic !) de mettre à l’ordre du jour. Et pas n’importe quel sujet : une réorganisation, une vraie cette fois, sur l’une des entités qui serait la plus touchée par le PSE.
Pas besoin d’être parano pour avoir l’impression que la direction nous dévoile son projet façon feuilleton, un petit bout à la fois, et que si on n’y comprend rien c’est qu’on n’a pas la vue d’ensemble. Tout n’est pas si simple finalement…






