Une étude de l’IRES montre que les aides publiques aux entreprises sans contrepartie (crédits d’impôts, exonérations de cotisations,subventions, etc) représentent 150Mds d’euros par an, soit plus que le déficit public annuel et deux fois le montant du budget de l’éducation nationale. Ces aides s’élevaient à 30Mds dans les années 1990, et 100Mds en 2008. Aujourd’hui, sur un SMIC, 700€ d’aides mensuels sont versés à l’employeur par l’état !

Résultat, la part des travailleurs gagnant le salaire minimum est passé de 12% en 2021 à 17,3% en 2023, atteignant plus de 3 millions de salariés.

Vous avez dit précarisation ? Dans le même temps, en juillet 2023, la cour des comptes a estimé à 260Mds d’euros le soutien aux entreprises depuis 2020.Et dans le même temps encore, ces entreprises licencient leurs salariés alors même qu’elles font du profit et versent des dividendes !

L’exemple de Michelin est révélateur : 65M perçus au titre du CICE depuis 2013, 200M du plan de soutien à l’automobile en 2020, 42M de CIR en 2023, et 12M de chômage partiel pendant la période Covid.Pourtant, le groupe a annoncé la fermeture des usines de Cholet (49) et de Vannes (56) d’ici 2026 menaçant 1400 emplois en France.

Sans honte, toutes ses entreprises se targuent pourtant d’être des championnes de la Responsabilité Sociale des Entreprises.

L’inévitable rengaine de devoir « baisser le coût du travail » a parfaitement atteint ses objectifs. Dans un rapport de 2022, la Direction de la Sécurité Sociale démontre la perte de pouvoir d’achat depuis 1991, et ce, quel que soit le niveau de salaire, mais particulièrement au niveau du SMIC. Concernant les niveaux de salaire moyen chez Atos, si on se place au niveau du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (47100€ en 2025), le coût du travail a augmenté de 46,4% entre 1991 et 2020 quand l’inflation cumulée a atteint 78.1% sur la même période. D’où une baisse de pouvoir d’achat de plus de 30% !

Depuis 80 ans, on constate la permanence des attaques contre notre système de protection sociale issue du Conseil National de la Resistance de 1945. Selon la Commission des Comptes, ces politiques privent la Sécurité sociale de près de 3 milliards d’euros non compensés par l’État.

Elle est la cible privilégiée de la politique néo-libérale : étatisation, financement par l’impôt, suppression du paritarisme… 640Mds d’euros de budget, l’équivalent de 25% du PIB, ça attisent les convoitises ! C’est la même mécanique que pour les retraites, les vautours voudraient bien s’accaparer cette manne pour la faire fructifier à leurs seuls profits, d’où le leitmotiv de la privatisation.

La cible est le salaire socialisé, les recettes sont connues : fiscalisation par la CSG (on sort de l’indépendance permise par le financement sur cotisations) et étatisation avec la confiscation de la gestion paritaire par la réforme Juppé de 1995.

C’est le retour au 19ème siècle, accaparation de la richesse produite par certains et austérité pour les autres. La baisse des dépenses publiques pour mieux gaver une infime partie de la population déjà extrêmement prospère a déjà des conséquences bien visibles depuis le début du 21ème siècle : nombreux sont ceux qui ont de plus en plus de mal à se faire soigner et à faire éduquer leurs enfants. L’état du système de santé et de l’éducation nationale en France est un bon indicateur de cette dérive anti-démocratique et mercantile.

Rappelez-vous des annonces miraculeuses pendant le Covid concernant les soignants et la santé : résultat, les suppressions de lit dans les hôpitaux se sont poursuivies et ont même augmentées en rythme annuel !

Ceux qui s’accaparent le produit du travail des autres consentiront peut-être à faire de la charité avec quelques œuvres de bienfaisance pour les plus pauvres !

Les nantis échappent en grande partie à la contribution sociale qu’ils devraient fournir, ainsi le capitalisme financier bâtit les causes de ses propres crises par excès d’avidité.

En témoigne les renvois d’ascenseur entre membre des conseils d’administration des cabinets de conseil et ceux d’Atos : les rapaces sont en train de dépecer la bête sans vergogne à coups de centaines de millions d’euros !Au détriment de l’appareil productif et de l’emplois de la majorité, malheureusement silencieuse, des salariés…