Depuis 3 ans, la CGT Atos via les Comités Sociaux et Economiques (CSE) et les Commissions parlementaires, demande la cartographie des services d’Atos impliqués auprès de l’Etat. C’est une inconnue que la direction ne veut pas dévoiler. On estime que 70 % de l’activité en France du groupe sont dédiés à l’Etat.

La liste des services, depuis le système d’info-valorisation scorpion des armées, en passant par la CAF, CNAM, France Connect, jusque l’ANTS, etc…. provient de la connaissance des ingénieurs en interne.

À ce jour, la direction d’Atos refuse toujours de fournir une cartographie des services numériques qu’elle opère pour les secteurs public et parapublic. Sans cette vision d’ensemble, il est impossible d’évaluer les risques de manière rigoureuse, et donc de mettre en œuvre les dispositifs de protection et de continuité indispensables.

La députée Aurélie Trouvé a posé la question au PDG Atos, M. Philippe Salle. Il a été répondu que le domaine secteur public représentait 40% de l’activité en France. Ce chiffre est tronqué car ne sont pas pris en compte le parapublic et les opérateurs d’intérêts vitaux, tels que les télécoms, l’eau, l’énergie…
Quels risques l’État prend-il en laissant s’affaiblir une entreprise comme Atos, alors qu’elle assure le fonctionnement de nombreuses infrastructures numériques critiques ? À défaut d’une intervention publique, le risque est de voir des activités stratégiques passer sous le contrôle d’intérêts privés dont les priorités ne coïncident pas nécessairement avec l’intérêt général.

Madame la députée A. Trouvé : « La question est aussi pourquoi les politiques ne prennent pas conscience que les intérêts et services numériques à la nation sont des bienfaits communs ?
Ça semble pourtant évident pour un grand nombre de députés mais le gouvernement a clairement déclaré que les services Atos n’étaient pas des activités sensibles hormis les projets Défense. C’est un débat politique. Il y a aussi la question des données des Français, à quel point il y a un risque si Atos fait de nouveau faillite ?

Cette commission d’enquête a fait paraitre son rapport mi-juin, il est nécessaire de poursuivre les investigations et de porter les recommandations au niveau des législateurs et nous avons maintenant une base factuelle qui permet d’interpeller le gouvernement pour des mesures de protection.

Il y a aussi une autre problématique primordiale : Pourquoi la France, comme dans d’autres grandes puissances économiques du monde, n’a-t-elle pas une banque publique digne de ce nom, avec des fonds à consacrer à la souveraineté industrielle dont l’industrie numérique ?

La BPI (Banque Publique d’Investissement ) est censée soutenir les entreprises nécessaires au pays, mais des financements de soutien sont accordés à des start-up inutiles pour un certain nombre. Au directeur de la BPI, à ma question : que pensez-vous des entreprises en difficulté ?
La réponse a été : 
« je ne m’occupe pas des entreprises aux maladies auto-immunes. »

Voilà comment les institutions d’Etat considèrent les entreprises en difficulté. C’est comme ça que la chimie, la sidérurgie et bien d’autres pans nécessaires à notre économie ont été lâchés. »