Il est apprécié par la CGT que la directrice Eviden France-Maroc vienne régulièrement exposer la situation du groupe en Comité Social et Economique (CSE). Quelle est la situation ?

  • Un financement a été validé par la majorité des financiers permettant à Atos de faire face à ses dépenses courantes. Les dettes et dates sont restructurées jusqu’à 2029.
  • Tous les créanciers n’ont pas encore donné leurs accords. Le groupe a une « galaxie » (dixit) d’obligataires et de banques à rembourser. Il faut obtenir une majorité des 2/3e.
  • Il y a la démonstration que les créanciers ont tout intérêt (sans jeu de mots quoique…) à adhérer au plan, car ils seraient privés du droit préférentiel d’augmentation du capital.
  • Le montage financier implique 2,9 Milliards € de créances passées en capital, et un nouveau crédit revolving (pan) pour garantir le fonctionnement quotidien du groupe.
  • D’ici 2026, le groupe a besoin de 1,1 milliard € pour fonctionner. Les créanciers se sont engagés à ne pas demander de remboursement de dettes jusqu’à cette date.

Pour le calendrier prévisionnel :

  • Fin juillet, l’accord financier finalisé serait soumis au tribunal de commerce pour quitter la phase juridique de conciliation et entrer en phase de procédure de sauvegarde accélérée.
  • Il y a ensuite les étapes juridico-administratives auprès des experts-comptables, de l’AMF (Autorité des marchés financiers) pour la décision du juge.
  • Entre août et début novembre, il ne se passera rien, le temps du cycle juridique.
  • Les ventes de WorldGrid et des activités stratégiques BDS (Big Data Security) continueront à se dérouler en parallèle avec un jalon en nov. 2024 pour WG et juin 2025 pour BDS.

Pour faire face à nos futures échéances d’endettement, Atos doit dégager du cash avec pour axes :

  • Une juniorisation et off-shorisation plus accrues,
  • Battre la concurrence et assurer des marges plus importantes sur nos activités,
  • Faire des économies de structure encore plus fortes,
  • Développer GenIA (Intelligence Artificielle Générative) ; Au Maroc un client souhaitait arrêter une équipe de 11 testeurs. Atos a appliqué l’IA afin de réduire l’effectif à 4 personnes…

Du point de vue CGT, l’analyse est la suivante :

  • Le discours d’amélioration est insupportable à entendre. Cela fait des années qu’on en soupe pour arriver à une situation catastrophique du groupe, avec toujours les mêmes ingrédients – réduction des moyens, off-shore… – qui ont prouvé leurs échecs !
  • Il n’y a pas de projet industriel, mais qu’un projet financier qui se réendette au fur à mesure qu’il se déroule.
  • La somme des suppositions et hypothèses est très inquiétante : Si on obtient la majorité des 2/3e des créanciers, si l’augmentation du capital se déroule, si les dates de remboursements sont renégociées, si le tribunal de commerce valide, si on a une meilleure compétitivité, si il y a dégagement de cash, etc., alors ça fonctionnera !
  • Et pour ce nouvel eldorado virtuel qu’est l’IA, les experts sont tous en accord pour une régulation, et une réglementation… Ces pratiques tant souhaitées pour le Groupe !

En conclusion, la direction tente de survivre en reportant les échéances de la dette mais pas le problème d’endettement ! La CGT est échauffée par les plans de la direction, pardon, des créanciers, qui sont maintenant maitres du destin de 94 000 salariés et de leurs familles…