Décembre 2025 : Atos annonce la cession de ses activités d’Amérique du sud et une partie de ses activités nordiques.
La direction se targue d’opérations de « recentrage ». En France, la vente est actée pour les activités Supercalculateurs et Quantiques (2500 salariés). Sur lesquelles, il faut superposer les braderies passées de la société Atos Worldgrid (800 salariés) et aussi celle d’EcoAct. 2025 voit donc la perte d’activités très différenciantes vis-à-vis des concurrents, la perte du chiffre d’affaires inhérent et la perte des effectifs spécialisés. Le groupe est passé de 110000 salariés à 65000 en 2 ans et tend vers les 60000 pour 2026. Atos a même lancé un plan de licenciement en France sur quelque 100 salariés de fonction support, indiquant un ciblage illégal.
Les suppressions ne s’arrêtent pas seulement aux activités. 2025 a vu la dénonciation des accords mutuelle/prévoyance en France, la restriction des formations et des voyages, la suppression de la carte bancaire pour les frais professionnels, la réduction des infrastructures et des moyens, la diminution de la R&D, la chasse aux intermissions, les procès en insuffisance professionnelle… A cela, Atos ajoute aussi la vente de terrains propriétés de Bull, comme à Grenoble.
En l’état, le plan Genesis 2025-2028 du PDG P. Salle prône la contraction du groupe. Ceci afin d’obtenir des indicateurs financiers embellis pour emprunter à des taux plus bas par rapport aux décisions du tribunal de commerce de décembre 2024 reprenant les exigences des créanciers-propriétaires. Ceci étant la photographie bancaire est fixée. Sur la période 2025 à 2028, le groupe Atos doit payer quelque 200 millions par an d’intérêt. Pour ensuite en 2029 et 2030, rembourser un capital cumulé de 3,2 milliards d’euros. Le grand mur de la dette existe toujours.
Atos se délite au fur et à mesure des mois. Dans les bilans financiers à venir, il faudra soustraire les rentrées exceptionnelles dues aux ventes des parties du groupe et des actifs, si les analystes souhaitent mesurer exactement l’état de santé – et donc d’avenir – de la société. On associe souvent à Atos la maxime Too big to fail, trop grand pour tomber. La nouvelle direction fait tout pour qu’Atos soit un groupe réduit, et ainsi met en péril l’existence même de la société.
La CGT alerte les salariés et les pouvoirs publics depuis plus de 2 ans sur le démantèlement d’Atos, l’autre vrai nom du « recentrage » ! Près de 75% de l’activité Atos France est consacrée aux activités publics et parapublics, ce qui devrait alarmer les gouvernements successifs. La direction issue de l’immobilier vend par appartement les acquis de l’entreprise et place sous risques les activités restantes. De fait, le plan Genesis n’est que la vente amortie dans le temps de morceaux d’Atos, vis-à-vis de la suppression brutale qui aurait pu s’imposer pour faillite fin 2024. La CGT appelle les salariés à se mobiliser contre le dépeçage en cours et l’impéritie de la gouvernance. Une autre voie de réindustrialisation est possible avec l’aide de l’Etat concerné au premier chef. Plutôt qu’une spirale mortifère boursière pour l’avantage des créanciers et pour favoriser les primes astronomiques d’intéressement du PDG et de ses séides






