En décembre 2024 Atos était au tribunal de commerce pour difficultés de paiement. Atos est une société critique pour l’Etat : près de 75% de son chiffre d’affaires en France s’effectue sur le secteur public ou para public. Parmi les services IT, il y a des productions stratégiques pour la nation (nucléaire, énergie, défense…).

Supportés par votre CGT, le Sénat et l’Assemblée nationale ont œuvré pour protéger Atos ; commission d’enquête, alertes au gouvernement, demandes de nationalisation dont l’une est en cours. L’Etat alerté est intervenu : vente de Worldgrid (650 salariés en France) à Alten début 2025, accord de vente en juillet 2025 avec l’APE – Agence des Participations de l’Etat pour le calcul haute performance (HPC) et l’IA ce qui représente 1300 salariés en France, et l’intégration des 600 salariés des projets défense sous une seule raison sociale Avantix à janvier 2026.

L’APE est actionnaire de 86 entités tout ou partie d’EDF, SNCF, RATP, Naval group, La Poste, Thales, Orange, Safran, Airbus, Engie, Air France, pour ne citer qu’eux. L’agence comprend 56 hauts fonctionnaires en charge de la souveraineté de l’Etat actionnaire, et a pour mission de protéger les opérateurs vitaux pour le bien de la nation.

En CSE (comité social et économique), le représentant en charge de l’industrie à l’APE planche devant vos représentants. La CGT remercie sa présence, précise que le soutien par l’Etat des activités en France est une de ses valeurs, et aussi que l’APE rachète naturellement Bull SAS,
naturellement parce que Bull est issu du plan Calcul des années 60 du président De Gaulle, que l’Etat a toujours soutenu l’entreprise pour une indépendance informatique de la France, et qu’au final, le noyau survivant de Bull revient à l’Etat qui rachète ce qu’il a financé ! En passant, la CGT précise que les citoyens-contribuables ont payé 3 fois Bull sur 3 générations dans des errances où d’aucuns ont cru que le capitalisme allait mieux faire fructifier l’activité ! On voit les résultats !

Les questions et réponses :

  • CGT : A quelle date Bull SAS basculera sous actionnariat unique de l’APE ?
  • APE : Entre le 1er et 2ieme trimestre 2026. Il reste des détails techniques à finaliser.
  • CGT : Comment l’APE assurera à long terme, le fonds de roulement financier particulier de l’activité HPC soumise à des décalages de trésorerie entre investissements et recettes ?
  • APE : Nous dotons financièrement nos participations suivant les plans présentés par la direction générale de l’entité. Notre politique n’est pas la rentabilité comme pour des actionnaires et leurs dividendes. Notre politique c’est préserver la souveraineté. Ceci étant, une évidence, la meilleure garantie de la souveraineté est la profitabilité. Nous avons aussi l’expérience d’activités industrielles où il y a des décalages de trésorerie.
  • CGT : Quels sont les actionnaires pressentis pour entrer au capital de Bull SAS à moyen terme ?
  • APE : L’Agence n’a pas vocation à posséder 100% du capital. Nous sommes désireux que d’autres industriels rejoignent le conseil d‘administration de Bull. Cependant comme l’activité HPC est sensible, nous serons très attentifs aux postulants vis-à-vis des intérêts de l’Etat.
  • CGT : En tant que puissance publique, l’APE soutiendra-t-elle Bull SAS pour les équipements de calcul haute performance et de l’IA nonobstant le respect des règles de libre concurrence ?
  • APE : Vous avez la réponse dans la question, on ne fausse pas les règles sur la concurrence. C’est aussi notre raison d‘être de sensibiliser des acteurs à se fournir auprès des industriels français.
  • CGT : Comment l’APE s’assure-t-elle que ses entreprises respectent la non-discrimination, le dialogue social et la prévention santé conforme a minima au code du travail pour leurs activités en France ?
  • APE : La RSE (Responsabilité Sociétale et environnementale) appartient à la direction générale de l’entreprise. Le directeur en Conseil d’administration nous présente 2 fois par an sa politique sociale et les  résultats. Les dirigeants ont des intéressements sur leurs parts variables. Par exemple, cela peut être l’indicateur accidents du travail ou la politique environnementale ou autres suivant les activités.

Un actionnaire intéressé par la production et pas que par la finance, c’est rarissime ! Certes, c’est l’Etat-actionnaire, cependant on revient à des fondamentaux : produire mieux pour le  bien de tous, cela donne du sens et la fierté d’en être. Bull mérite bien ça !
Bonne route future à nos collègues dans un environnement plus serein que celui d’Atos.!