Le projet de vente de l’entité Advanced computing comprenant les supercalculateurs (HPC) a été dénommé « Cartier » par les têtes pensantes de la direction…
Pour les salariés, cela concerne la cession du périmètre de Bull SAS avec des changements de contrats de travail pour 80 salariés qui n’appartiennent pas à l’activité HPC et à qui on proposera de migrer vers une société Atos.

L’Agence de participation de l’Etat (APE) est entrée en négociation exclusive en novembre 2024 pour une échéance à fin mai 2025.

Le gouvernement français n’ayant plus confiance en la stabilité financière d’Atos a décidé de récupérer les productions stratégiques. Au 22 mai, les « négociations continuent » proclame la direction, et « elles pourraient se poursuivre au-delà de l’échéance fixée ».

Cela doit être une méthode Atos de transformer des négociations en thriller. On se rappelle l’échec au dernier moment des rachats par Airbus (2 fois), d’EPEI, et de Onepoint !
Pourquoi une telle situation ?

  • En 2024, Atos était en procédure judiciaire au tribunal de commerce. Les politiques se sont alarmés de la situation avec pour aboutissement une mission d’enquête au Sénat. Et L’Etat a pris la décision de préserver les activités dites stratégiques et militaires : HPC, Mission critical systems, et Cyberproducts. La CGT milite aussi pour la protection des activités de services publics qui représentent 75% du CA d’Atos France.
  • La restructuration financière a permis aux créanciers de devenir propriétaires du groupe et de reporter la dette jusqu’en 2028. Cela achète du temps pour Atos afin de retrouver des marges hypothétiques pour rembourser les emprunts et les intérêts.
  • Là-dessus un dénommé Trump relance le financement de la défense européenne où une manne énorme d’argent est attendue par les entreprises qui veulent développer les secteurs de la défense.
  • Atos se retrouve dans une situation où il doit vendre à L’Etat – son principal client en France – des activités alors qu’il souhaiterait maintenant les conserver !
  • Et on empile d’autres paramètres : l’accord avec les créanciers-propriétaires impose un remboursement anticipé de la dette pour récupérer le prix de la cession, et donc, le bénéfice échappera à la gouvernance Atos pour aller directement dans la poche des banques.
  • On ajoute « Genesis », le plan prétendu visionnaire de mai 2025, qualifié de « très ambitieux » (pour ne pas dire inatteignable) par les experts et la presse. Et Atos, contrainte de vendre, veut réclamer le prix le plus élevé des HPC pour aider à l’atteinte des objectifs extravagants.

D’où le suspens de ces négociations interminables qui scelleront le sort d’Advanced Computing soit 2500 salariés dans le monde dont 1188 en France…

Faut dire qu’avec des noms comme Genesis, l’étape suivante biblique c’est le Déluge, « Après moi », se sont surement dit les multiples PDG inconséquents qui se sont succédés ces derniers temps à la tête d’Atos !