Quand le bâtiment va, tout va…

La direction L&H (Logistics & Housing) présente au CSE, un point de situation des sites Atos France.

Les chiffres sont : 38 sites, 47 baux, un budget prévisionnel 2026 de 83 millions € HT.  Et un taux d’occupation moyen en 2024-2025 de 44 %.
Ce dernier paramètre entraine le fil conducteur de la politique immobilière : comment optimiser les environnements de travail et réaliser des économies ? La direction fournit aussi un tableau pour chaque site détaillant les dates de baux, la surface bâtie (m²), le nombre de poste de travail, le taux local d’occupation, le coût budgétaire.

On y apprend que près de 20% des établissements est sous étude du cabinet Nerium, spécialisé dans les dépenses immobilières afin d’établir des comparatifs actualisés du marché, et si écarts, permettre à Atos de renégocier les baux.

La mode est aussi aux nouveaux immeubles opérés, c’est à dire une structure clé en main où un gestionnaire s’occupe de la gestion locative, de l’aménagement et de la maintenance. Ce système permet aussi des flexibilités de réduction ou d’agrandissement des espaces suivant les activités.

Il semble que la direction souffre du gâchis de Bezons qui comprend 2500 postes de travail et dont l’occupation est au tiers. Le bail est signé jusqu’en 2030, cependant L&H a pour projet de regrouper l’ensemble des salariés sur une seule aile, afin d’abandonner la moitié du site et ainsi réduire les frais d’usage. Il nous est raconté que le marché de l’immobilier en Ile-de-France subit des revers depuis la Covid. Des campus et bâtiments entiers sont en déshérence. « Tout le monde retourne à la Défense » nous dit-on. Il est vrai que le PDG et sa direction y sont maintenant installés, mais les salariés de base, eux, restent bezonnais…

Sur les démarches financières, Atos paye donc un cabinet de conseil immobilier (Foncia sort de ce corps !), ainsi que des avocats car la société est en procès avec des bailleurs pour réduire les coûts, et on vend des terrains appartenant à Bull comme à Echirolles pour la somme annoncée de 2,5 millions €. Economie tous azimuts est donc le slogan de notre nouvelle direction !

La CGT a pour axe les conditions de travail. On voit sur des sites, des postes de travail à espace réduit qui gênent la production et usent les salariés. La direction a pour réflexe d’évoquer le taux d’occupation moyen qui est faible et donc pas de problème d’espace… Or dans ses chiffres communiqués, Atos indique par site, le nombre de m² bâti et le nombre de postes de travail. La CGT fait vite les calculs : si un poste de travail mesure 4 m², ce n’est pas parce que le bureau d’à côté est vide que cela agrandit la surface ! Et on connait la recommandation, c’est 20 m² du bâti par poste.

Et donc voilà les résultats :

  • 80 % des sites Atos France n’ont pas une surface égale à 20 m² par poste de travail.
  • 20 % ont une surface conforme et devinez, le nouveau site Courbevoie-Défense où est installé dorénavant le PDG en fait partie. Le hasard, sûrement…

S’ensuit poliment un échange sur la référence d’espace qui peut être interpréter et que tout serait relatif… les salariés serrés comme des sardines sur certains sites apprécieront la relativité de leur environnement de travail ! La direction veut bien prendre l’étude de la CGT et promet de revenir avec ses propres calculs…

Et en final la question un peu provocatrice de la CGT : qui de la direction en CSE ira expliquer au directeur général qu’il faut plus d’argent pour l’immobilier pour remettre à niveau des espaces qui respectent les conditions de travail ?

« Les experts » : jugée mauvaise série par la direction Atos

Le directeur général France dans son court discours en CSE a lâché prudemment (parce que c’est la loi !) qu’il respectait les prérogatives du CSE mais vraiment, il y avait trop d’expertises votées par les élus sur les dossiers imposés par la direction. Il n’avait jamais vu cela
auparavant et qu’il faudrait revenir au dialogue social, plutôt que de se parler par cabinets de conseil interposés…
La CGT bondit : « Mais les expertises, c’est vous qui les provoquez ! A marche forcée, vous obligez le CSE à émettre des avis qui nécessitent des analyses qu’on ne peut fournir sans temps impartis » ! Marrant, la direction n’y avait pas pensé…