La CGT demande des comptes aux dirigeants d’Atos depuis plusieurs années, que ce soit au sein des instances de représentation du personnel comme le CSE, ou en prenant à témoin les médias et les élus de la nation lorsqu’elle a obtenu la mise en place d’une mission d’information au Sénat en avril 2024. Comme d’habitude, la direction du groupe aussi imbue d’elle-même qu’incompétente, ne daigne pas répondre, exprimant ainsi son mépris envers les salariés et leurs représentants. Aujourd’hui pourtant, des lanceurs d’alerte internes à l’entreprise ont compris à quel point quelques individus prétentieux et détestables nous ont volé le fruit de notre travail et ont définitivement sabordé le groupe, sans faire le moindre cas des conséquences sur la vie de presque 100 000 salariés !
Ainsi la presse regorge de « fuites » soulignant le bien fondé de toutes les critiques et accusations que la CGT a porté sur la manière dont la direction vole année après année ce que les salariés produisent !
Atos a dépensé plus de 600 millions d’euros en conseils externes sur trois ans (2022-2024) soit plus de 75% de l’ensemble des dépenses du groupe. Sachant les ressources dont disposent le groupe en interne, on peut légitimement se demander si ces sommes ne correspondent pas, pour partie, à des fuites de capitaux déguisées…
D’autant qu’aucun des cabinets grassement rémunérés n’a répondu aux sollicitations de la presse pour expliquer la nature, le volume et l’état d’avancement des prestations fournies ! Rien non plus sur le choix des prestataires : y a-t-il eu des appels d’offres, des mises en concurrence ? Les élus CGT réclament auprès de la direction et depuis plusieurs années les informations légalement dues aux salariés, en vain. Cela pourrait changer avec une proposition de commission d’enquête parlementaire sur les conditions de vente à la découpe d’Atos, portée par certains députés.
Pour sa restructuration financière, Atos a fait appel aux banques Rothschild & Cie, Perella Weinberg Partners, au cabinet d’avocats Darrois Villey Maillot Brochier, aux experts financiers Accuracy et Finexsi, ou encore à l’incontournable McKinsey. Résultat : une levée de fonds de 233 M€ pour une dépense de 200 millions d’euros, intéressant non ?
Dans la liste des conseillers d’Atos, citons encore Baker and McKenzie pour un montant de 9 M€. Un investissement probablement hautement rentable d’un point de vue opérationnel lorsqu’on sait que ce cabinet d’avocats est cité dans les Pandora Papers comme un « architecte et pilier » du système offshore mondial pour avoir aidé des entreprises et des individus fortunés à créer des structures complexes facilitant l’évasion fiscale et la dissimulation de richesses. Ça vous rappelle quelque chose ? Des holdings aux Pays-Bas par exemple ?
Comme l’écrit Mediapart « Orpea, Casino, Atos… À chaque fois, on retrouve les mêmes conseils, les mêmes banquiers d’affaires, les mêmes avocats, les mêmes administrateurs judiciaires. Tout ce petit monde s’entend à merveille et s’enrichit sur le dos de tous les autres ». Ce « racket organisé » a précipité à la chute d’Atos par la mise en œuvre de « conseils » aussi éclectiques qu’hors sol et hors de prix, empêchant la nécessaire mise en place d’une vraie stratégie opérationnelle. Il faut poser la question de l’omniprésence des prestataires étrangers (McKinsey, PriceWaterhousCoopers, Ernst &Young, Boston Consulting Group) dans les décisions systématiquement malheureuses et délétères prise par Atos, et l’impact sur les contrats liés à la souveraineté nationale.
Petit tour d’horizons des sommes gaspillées et des bénéficiaires depuis 2020
Les frais de cabinets de conseil d’Atos se sont élevés à plus de 200 M€ annuels sur 2022, 2023 et 2024, dont McKinsey 116 M€, E&Y 119 M€, AON 26 M€, PWC 23 M€ et BCG 7 M€ :

Sur la seule année 2024, voici les montants, non exhaustifs, relevés par la presse :
32 M€ pour Darrois Villey Maillot Brochier (avocats)
19 M€ pour Rothschild & Cie (banque)
12,8 M€ pour BNP (banque)
8,3 M pour PWC (conseil)
8 M€ pour Perella Weinberg Partners (banque)
8 M€ pour Grant Thornton (audit et conseil)
6,7 M€ pour Messier Associés (banque)
5.2 M€ pour Deloitte (audit et conseil)
3,4 M€ pour Hélène Bourbouloux (mandataire)
1.5 M pour KPMG (audit et conseil)
1,2 M€ Ondra Partners (banque)

Soit plus de 100 M€ auxquels il faut ajouter 58 M€ dépensés en cabinet de recrutement et de conseil RH et 50 M€ pour des sociétés de portage. Ne cherchez plus où disparait l’argent nécessaire à votre juste rémunération, à vos formations et à l’investissement dans les outils nécessaires à la réalisation des projets !







