IA, es-tu là ?

Le Capital Market Day fut la grand-messe du 14 mai 2025 pour annoncer la résurrection d’Atos et la vision jusqu’à 2030. Le maître-mot à retenir est l’IA, qui devient le vecteur de croissance du groupe. Cependant les prospectives et les gains de ce marché restent inconnus.
Une chose est sûre : l’emploi morflera. C’est toujours le gain par la réduction d’effectifs. Et les restants auront des conditions pires de travail. Sur la promesse fabuleuse de l’IA, voilà ce que dit le PDG, le même jour, dans les Echos :
Journaliste : « Sur l’intelligence artificielle, ne pensez-vous pas partir avec un train de retard ? »

Réponse du PDG : « La vérité, c’est que la plupart de nos concurrents enjolivent la réalité sur ce qu’ils sont capables de faire avec l’IA. On est parti plus tard, c’est vrai, mais nous ne sommes pas en retard. En fait, le marché n’a pas encore réellement décollé. »

En conclusion, l’avenir d’Atos se joue aux dés, et à défaut de tunique, on pourrait se ramasser (encore) une veste…

Les joyeux bouchers ont du talent

le groupe est passé de 110000 à 74000 salariés de 2022 à 2025. La prévision est de 60000 en 2027.
Et ensuite, dixit le PDG, il y aura à nouveau de la croissance (!). C’est toujours beau comme discours.

Donc le groupe perd 45% de ses effectifs en 5 ans. Et on nous raconte que 92% des talents clés ont été retenus ! Mais qu’est-ce qu’un talent Atos au juste ? Le Document d’Enregistrement Universel du 10 avr. 2025 relate qu’ils sont 3000 dans le groupe, soit 4 % des effectifs. En creux, cela signifie que 96 % des salariés d’Atos n’ont aucune considération et peuvent volontiers partir. Etonnant, non ?

Les jivaros sont des amateurs dans la réduction des têtes

« Le Groupe a défini et déjà entamé la mise en œuvre d’un programme de réduction des coûts, afin d’adapter sa structure de coûts à sa taille actuelle, en cohérence avec la nouvelle organisation ».
Au-delà du blabla, les axes d’économie seront sur la facturation, les effectifs, le support retaillé à la population réduite, la chasse aux inter-contrats, l’offshoring, la réduction des frais généraux (sites inclus) et il est même précisé « -10% sur les dépenses discrétionnaires » (en avait-il encore chez Atos ?).
Cela veut dire que ça va être de la sueur, et des larmes pour les salariés !

R&D : Atos et le futur passé antérieur

« Un investissement fort en faveur de l’innovation, le groupe Atos prévoit d’investir 500 millions € en R&D sur les 4 prochaines années ». En 2023, Atos investissait 180 millions par an en R&D…
Faites le calcul, la R&D diminue mais c’est annoncé victorieusement ! Ce n’est pas très malin…

Roll MOP

L’indicateur suprême qu’est la Marge Opérationnelle (MOP) est reculé d’année en année.
En 2022, la direction promettait 10% en 2026. En 2024, c’était décalé à 2028. En 2025,  la direction prétend toujours une MOP à 10% en 2028 MAIS avec des cessions ! C’est plus faisable ainsi !

Vert de rage

« Le Groupe Atos réaffirme son engagement d’exemplarité en matière de RSE,. Le Groupe reste en bonne voie pour atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2050. »

En 2020, Atos proclamait une politique de neutralité carbone à 2035. Les égéries de la direction ajoutaient même : « Ce n’est pas du greenwashing  c’est mieux que l’accord sur le climat  de Paris ! »  On apprend donc que la neutralité carbone d’Atos est reportée à 2050 !

Sur sa prétention, Atos a gagné 15 ans. Et la planète en a perdu autant !