Demandez le bilan social 2024 !
C’est une obligation de l’employeur. La direction nous présente un bilan social 2024 d’Eviden France. Qu’apprend-on ?
Dans la liste des 10 sociétés qui font partie du périmètre, il n’y a pas mention de la société Keynectis. « Un oubli ! » s’exclame la direction, c’est fou comme la DRH est oublieuse ces temps-ci…
- 95% des effectifs sont des cadres qui se dénombrent à 4403 CDI (contrat à durée indéterminée) dont 300 sont en temps partiel.
- Eviden France a perdu 18% de ses effectifs en 2024 ! 73% des salariés sont des hommes et 27 % des femmes.
- Nous avons une pyramide des âges qui est un rectangle ! Explication : les 55 ans et + représentent 25% des effectifs, idem 25% pour la tranche d’âge 45 à 54 ans, et idem 25 % pour l’écart 25-34 ans ! on se rappelle que 70% des jeunes entrants quittent l’entreprise en moins de 5 ans. On a donc un monolithe sur l’âge de la population qui bloque l’ascension d’évolution.
- Pour les rémunérations moyennes vis-à-vis de l’ancienneté, une anomalie chiffrée tangible : les salaires n’évoluent plus après 15 ans d’ancienneté. Cela provoque une passe d’armes CGT / direction sur la discrimination, car comme tout le monde sait (enfin peut être pas la DRH…), il existe 21 critères qui caractérisent ce délit au code pénal – dont l’âge ! Les salaires chez Atos n’évoluent plus après un certain âge. La direction évacue le sujet !
- Le salaire moyen des cadres est de 58000 € brut/an. De plus, un tiers des effectifs d’Eviden France ont une part variable de salaire.
- Les écarts moyens de salaire entre Femme et Homme sont plus favorables de 5% pour ces derniers. Par contre, dès qu’on atteint les salaires maximum > 250000 €/an) alors l’écart toujours en faveur des hommes est de 30 % ! « Battez-vous mesdames ! » proclame la CGT aux RH en présence ! « On essaye ! » nous répond-on !
- Près de 500 salariés – sur les 4400 du périmètre – ont obtenu une promotion en 2024.
En conclusion, le fait le plus alarmant est ce blocage des salaires qui est effectif à partir d’un certain âge et qui ne dit pas son nom car c’est illégal. La direction semble n’en avoir cure !
Ça ne file pas droit à la DRH
Avant, mais c’était avant, vos représentants avaient pour interlocuteurs des juristes spécialisés en droit social, qui étaient les garants de l’application du code du travail et de son articulation avec les conventions collectives et les accords sociaux. Mais depuis 1,5 an on assiste à une dérive stupéfiante de tentatives d’illégalité dans un système basique de « Pas vu, pas pris. Vu, oups, on corrige ».
Sachez que la CGT se bat pour contrer ces saloperies. Allez, quelques exemples édifiants pour vous montrer l’ambiance sur les écarts juridiques :
- En négociation Surtemps de trajet, « oubli » des spécificités de la convention Métallurgie, En dénonciation de l’accord Mutuelle-prévoyance, « oubli » de la période légale de persistance pendant 15 mois,
- En projet de règlement intérieur, des dispositions de contrôle éthylique par les managers sur les salariés en omettant l’impératif juridique du consentement du salarié. Et d’autres, comme l’exigence de neutralité de signes de convictions personnelles qui se heurtent aux libertés fondamentales.
A l’avis de la CGT, la DRH frise l’insuffisance professionnelle, elle qui reproche ce motif allégrement depuis quelque temps pour mieux virer les salariés !
Ne pas confondre Amphore et Euphor
Euphor est le nom du projet de la nouvelle usine d’Angers qui construit les supercalculateurs.
Un investissement de 85 millions € (rare chez Atos !), un doublement prévu de production, une ouverture partielle dès 2026, un chantier incluant du désamiantage, de la construction de bâtiment industriel et écologique, etc. La direction a mené ce projet avec une information continue auprès des instances de représentants de proximité, de la commission Santé et sécurité, et du CSE.
Nous sommes arrivés à la phase 1 qui est une phase transitoire entre l’ancienne infrastructure et le nouveau bâtiment et qui fait l’objet d’une consultation. Et si la direction a en effet produit de multiples supports, on commence à aborder des sujets fins d’environnements et d’ergonomie de travail, de circulation, d’espaces de vie… qui appellent l’avis de spécialistes !
Le CSE demande à l’unanimité une expertise.
La direction fait montre de son exaspération. La CGT rappelle que ce projet est atypique avec une construction d’usine et qu’aucun représentant du personnel n’a les capacités d’analyse sur les environnements santé et sécurité dans ce contexte particulier.
La tension ne retombe pas sur les positions de chacun. Faut dire qu’une étude coûte près de 50-70 K€ et que la direction en paiera 80%, de par la loi. Et comme le mot d’ordre est à l’économie partout (sauf pour les dirigeants !), ça va surement déplaire en haut lieu…





